Qasr Shemamok - Kilizu

Qasr Shemamok, vue du Sud-Ouest

Qasr Shemamok, vue du Sud-Ouest

Responsables : O. Rouault (Université Lyon2) et Maria Grazia Masetti-Rouault (EPHE, UMR 8167)

Cette mission archéologique française fouille, depuis 2011, Qasr Shemamok, un tell important situé à environ 30 km au Sud-Ouest d’Erbil, près du village de Tarjan, dans la province autonome du Kurdistan d’Irak.

Ce site a été identifié comme les vestiges de l’ancienne cité de Kilizi/Kakzu depuis le 19e siècle, après que la région ait été visitée par Layard, qui y trouva la première inscription cunéiforme sur brique, mentionnant la construction du mur d’enceinte par le roi assyrien Sennachérib (8e siècle av. J.-C.).

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Plan du site, Mission italienne dirigée par G. Furlani


Par la suite, en 1933, une mission italienne, dirigée par G. Furlani, y avait mené une unique campagne de fouilles, débutant l’étude de sa « ville basse », qui pourrait avoir été ajoutée au tell ancien à l’époque néo-assyrienne. Toutefois, l’histoire du site lui-même, et de l’évolution de sa structure urbain dans le paysage rural de la région, au cœur même du pays d’Assur, reste encore très peu connue.

L’étude de la région environnant la cité d’Erbil, l’antique Arbèles, qui, répondant à une invitation des autorités kurdes, avait débuté par les fouilles de la Mission réalisées en 2010 à Kilik Mishik, a donc été élargie en 2011 au site de Qasr Shemamok.

Avec une surface reconnue d’environ 70 hectares, ce tell représente sans doute une occupation urbaine importante au moins depuis le Bronze Récent .
Après avoir obtenu un nouveau permis de fouilles, les recherches archéologiques y ont commencé au printemps, et ont été complétées à l’automne 2011 par une campagne de prospections de surface et de travail topographique.
Les fouilles sont limitées, pour le moment, à la réalisation d’une tranchée de 68 m. N/S sur 5 m. E/O (Fig. 6), située sur la pente Sud de l’acropole, dans une zone qui n’avait pas été explorée par le passé. La tranchée commence au niveau du bord de la surface du sommet du tell et rejoint sa base, à la limite des champs. De par sa position, elle a permis une première étude des relations entre l’ « acropole » du tell, et la « ville basse » au Sud, qui est maintenant entièrement convertie en terrain agricole, et partiellement occupée par les maisons du village de Sa’adawa.

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Chantier A : la rampe de brique cuite


Les résultats de ces premières missions sont importants et encourageants. Les découvertes épigraphiques réalisées ont permis d’accroître notre connaissance de la ville de Kilizi/Kakzu, témoignant de son importance déjà à l’époque médio-assyrienne.
D’un point de vue archéologique, les recherches de la mission française ont donné une première image de la structure stratigraphique du site, des dynamiques de sa construction et de sa destruction, et de l’importance des différents niveaux qui y sont attestés.
Une séquence, allant de l’époque contemporaine et moderne, à travers les époques islamique ancienne et parthe, jusqu’aux périodes néo- et médio-assyriennes, peut maintenant être documentée pour l’ « acropole », du tell, même si la tranchée n’a atteint que les limites externes de l’occupation urbaine ancienne.

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Coupe, époque Ninive V, trouvée à l’extérieur de la « ville basse »



La qualité monumentale de la rampe en briques cuites d’époque médio-assyrienne, ou peut-être légèrement plus ancienne, qui y a été découverte, a confirmé l’importance de la ville dès le Bronze Récent, bien au-delà des références laconiques contenues dans les documents officiels assyriens. La prospection de surface réalisée à l’automne a montré que l’extension de l’occupation urbaine n’est pas délimitée par le tracé des enceintes, la surface habitée et exploitée associée à la cité s’élargissant bien au-delà de la « ville basse ».

Le matériel de surface réuni a permis de montrer que cette partie de la région avait été occupée depuis l’époque urukéenne, et par la culture Ninive 5 .




- 2012 : Une mission d’étude a eu lieu sur le site de Qasr Shemamok (région d’Erbil, Kurdistan irakien), du 10 au 31 octobre 2012, sous la direction d’Olivier Rouault (Université Lyon2) et de Maria Grazia Masetti-Rouault (EPHE-SR et UMR8167-Orient et Méditarranée, Mondes Sémitiques). Le but principal de la mission a été la continuation du programme de prospections géo-magnétiques en cours sur la surface du site, qui a été réalisée par le Dr. Pauline Kessouri (Université Pierre et Marie Curie, et UMR 7619 Sysiphe), ainsi que l’étude du matériel céramique et épigraphique déposé au Musée d’Erbil. Participèrent à cette mission, financée par le Ministère des Affaires Etrangères et Européennes, aussi le Dr. Narmin Ali Mohamed Amen (Université Salaheddin d’Erbil, et membre associé de l’équipe Mondes Sémitiques) et trois doctorants, I. Calini et F. Defendenti (EPHE-UMR 8167), et A. Bakr Othman (Université Salaheddin-Université Lyon2).

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Vue de la tranchée A, vers le Nord

























- 2013 : La troisième mission a eu lieu du 6 avril au 21 mai 2013, grâce à une subvention de la Commission des Fouilles du Ministère des Affaires Étrangères français et à différentes aides complémentaires, dont celle du CNRS. L’équipe, comme d’habitude très internationale, se composait d’étudiants et de doctorants originaires de divers pays (France, Irak, Roumanie, Espagne, États-Unis, Syrie, Tchéquie) et de collègues (archéologues, architectes, anthropologue, géomorphologues, dessinateur) français, italiens, irakiens, catalans, polonais et syriens ainsi que de deux représentants de la direction des Antiquités d’Erbil.
Voir le compte-rendu de la mission 2013 sur le site archeorient