Madâ’in Sâlih, l’antique Hégra

Page mise à jour le 10 avril 2015

Localisation du site : 26°47’1.38"N ; 37° 57’16.81"E
Directeurs de la mission : L. NEHME, D. AL-TALHI et F. VILLENEUVE.

Situation et contexte Photographie satellite du site de Madâ'in Sâlih montrant ses différentes composantes : l'oasis, les nécropoles, les monuments religieux et la zone résidentielle
Madâ’in Sâlih se situe dans le Hijâz saoudien, à environ de 400 km au nord-ouest de Médine. Cette oasis fut occupée dès le 5e siècle avant J.-C. et devint, probablement au Ier siècle avant J.-C. la ville nabatéenne la plus importante après Pétra, en Jordanie. Elle se situe à la fois à la frontière du royaume nabatéen et, à partir de 106 apr. J.-C., à la frontière de la province romaine d’Arabie nouvellement créée. L’oasis se trouve également sur l’axe de circulation nord-sud qui reliait le sud de l’Arabie à Pétra et à la Méditerranée.

L’objectif de la mission est de mettre en évidence, sur le long terme, les phases de développement, de stagnation, de repli et d’abandon de la ville tout en cherchant à définir, pour chaque période, les caractéristiques principales de l’occupation.
L’accord de fouille de ce grand site, inscrit sur la liste du Patrimoine mondial en 2008, a été signé en 2007 et porte sur toutes ses composantes : le secteur résidentiel, qui couvre une cinquantaine d’hectares, les tombeaux monumentaux taillés dans le rocher (une centaine), le secteur religieux et l’oasis proprement dite, riche de cent trente puits.

Madâ'in Saleh, façade du tombeau rupestre IGN 20, dans le massif du Qasr al-Bint. L'intérieur du tombeau rupestre IGN 20. Les parois de la chambre funéraire (ici celle de droite) sont occupées par des “caissons”, c'est-à-dire des compartiments allongés originellement fermés par des dalles, dans lesquels les défunts étaient inhumés parallèlement à la paroi. Dans l'angle, au sol, on distingue deux tombes à fosse.






Historique de la mission

La Mission archéologique de Madâ’in Sâlih a été créée par le Ministère des Affaires étrangères en 2002 après une mission exploratoire dirigée par J.-M. Dentzer en 2001.
Un premier programme de recherche (principalement de prospections) s’est achevé en 2005 et un second programme ayant entraîné l’ouverture d’une vingtaine de chantiers de fouilles, ainsi qu’une campagne d’études s’est achevé en 2012. La direction du premier programme a été assurée par L. Nehmé (CNRS, UMR Orient & Méditerranée) et celle du second par L. Nehmé, F. Villeneuve (Université Paris 1) et D. al-Talhi (Université de Hâil). Un troisième programme de 4 ans a a commencé en 2014 et doit s’achever en 2017. Il sera suivi par une ou deux campagnes d’étude.

Plus d’informations sur les campagnes 2014 et 2015 :

Fouille de la fosse la plus proche de l'angle postérieur droit de la chambre funéraire du tombeau IGN 20 (voir le cliché précédent)




Partenaires institutionnels de la mission

Financements
La mission a reçu ou reçoit des financements à la fois publics (Ministère des Affaires étrangères et du developpement international et Ambassade de France à Riyad ; Sénat ; CNRS ; Université Paris 1, Labex RESMED) et privés (OTV Île de France, Fondation Simone et Cino del Duca, Total).

Prix
La mission a remporté en 2007 le Premier prix Clio de la recherche archéologique et en 2008 le Grand Prix d’archéologie de la Fondation Simone et Cino del Duca.

Vue générale de la Zone 1 après la campagne 2010 (IIIe/IIe siècle av. J.-C. – VIe/VIIe siècle apr. J.-C.). Les structures (principalement en brique crue) affleurent presque à la surface du sol. Sur la gauche, on distingue très nettement le tracé d'une rue (verticalement sur la photo)






Bibliographie

- Rapports complets sur chacune des campagnes, en ligne :

- Ouvrages

- Nehmé L., al-Talhi D. et Villeneuve F. (éds) 2010. Report on the First Excavation Season at Madâ’in Sâlih, Saudi Arabia, 2008 (Hegra, 1 ; A Series of Archaeological Refereed Studies, 6). Riyad : SCTA.

- Nehmé L., Villeneuve F. et al-Talhi D. (éds) 2014. Report on the Second Season of the Madâ’in Sâlih Archaeological Project, 2009, Saudi Arabia (A Series of Archaeological Refereed Studies, 13). Riyadh : SCTA.

- Nehmé L., al-Talhi D. et Villeneuve F. (éds) 2014. Report on the Third Season of the Madâ’in Sâlih Archaeological Project, 2010, Saudi Arabia (A Series of Archaeological Refereed Studies, 23). Riyadh : SCTA.

- Articles (par ordre chronologique décroissant)

- Rohmer J. & Charloux G. sous presse. « From Liḥyān to the Nabataeans : Dating the End of The Iron Age in Northwestern Arabia », Proceedings of the Seminar for Arabian Studies 45.

- Rohmer J. & Fiema Z. T. sous presse. « Early Hegra : New Insights from the Excavations in Areas 2 and 9 at Madā’in Ṣāliḥ (Saudi Arabia)”, Paper presented at the international conference “The Archaeology of North Arabia : Oases and Landscapes », Vienna, December 2013.

- Bouchaud Ch., Sachet I., Dal-Prà P., Delhopital N., Douaud R., Leguilloux M. 2015. « New Discoveries in a Nabataean Tomb. Burial Practices and “Pland Jewellery” in Ancient Hegra (Madâ’in Sâlih, Saudi Arabia) », Arabian Archaeology and Epigraphy 26, p. 28-42.

- Bouchaud Ch. 2014. « Exploitation végétale des oasis d’Arabie. Production, commerce et utilisation des plantes. L’exemple de Madâ’in Sâlih (Arabie Saoudite) entre le IVe siècle av. J.-C. et le VIIe siècle apr. J.-C. », Revue d’ethnoécologie 4..

- Durand C. & Gerber Y. 2014. « The Pottery Production from Madāʾin Ṣāliḥ (Saudi Arabia) during the Nabataean Period. Preliminary Results », Proceedings of the Seminar for Arabian Studies 44, p. 153-168.
Zone 9. Vue générale du sondage montrant la succession des niveaux d'occupation du IIIe siècle av. au IIIe siècle apr. J.-C. Deux ensembles domestiques se sont succédés dans ce secteur entre le Ier et le IIIe siècle apr. J.-C.

- Bouchaud Ch., Tengberg M., Dal-Prà P. 2011. « Cotton cultivation and textile production in the Arabian Peninsula during antiquity ; the evidence from Madâ’in Sâlih (Saudi Arabia) and Qal’at al-Bahrain (Bahrain) », in :Vegetation History and Archaeobotany 20.5, p. 405-417.

- Bouchaud Ch., Sachet I. et Delhopital N. 2010. « Les bois et les fruits des tombeaux nabatéens de Madâ’in Sâlih/Hégra (Arabie Saoudite) : les provenances des végétaux et leur utilisation en contexte funéraire », Anthropobotanica 2010.1.11.

- Nehmé L. 2010. « Ancient Hegra, a Nabataean Site in a Semi-arid Environment. The Urban Space and Preliminary Results from the First Excavation Season », Bollettino di archeologia online I 2010 / Volume speciale G / G5 / 3. (En anglais)

- Nehmé L. et Villeneuve F. 2010. « Les fouilles franco-saoudiennes de Hégra », Bulletin de la Société Française d’Archéologie Classique, Revue archéologique 2010.1, p. 160-169.

Tombeau-tour composé de deux tours imbriquées, fouillé au sommet de l'un des massifs siués à l'ouest du site (Zone 4)

- Mathe C., Archier P., Nehmé L., Vieillescazes C. 2009. « The Study of Nabataean Organic Residues from Madâ’in Sâlih, ancient Hegra, by Gas Chromatography-Mass Spectrometry », Archaeometry 51.4, p. 626-636.

- Nehmé L., al-Talhi D. et Villeneuve F. 2008. « Résultats préliminaires de la première campagne de fouille à Madâ’in Sâlih en Arabie Saoudite », Comptes rendus de l’Académie des Inscriptions & Belles-Lettres , p. 651-691.

- Courbon P. 2008. « Les puits nabatéens de Madâ’in Sâlih », Arabian Archaeology and Epigraphy 19, p. 48-70.

- Nehmé L., Arnoux Th., Bessac J.-Cl., Braun J.-P., Dentzer J.-M., Kermorvant A., Sachet I., Tholbecq L., avec une contribution de Rigot J.-B. 2006. « Mission archéologique de Madâ’in Sâlih (Arabie Saoudite) : Recherches menées de 2001 à 2003 dans l’ancienne Hijrâ des Nabatéens », Arabian Archaeology and Epigraphy 17, p. 41-124.

- Nehmé L. 2005-2006. « Inscriptions vues et revues à Madâ’in Sâlih », Arabia 3, p. 179-225 [texte] et p. 345-356 [figs].

- Nehmé L. 2004. « Explorations récentes et nouvelles pistes de recherche dans l’ancienne Hégra des Nabatéens, moderne al-Hijr/ Madâ’in Sâlih, Arabie du Nord-Ouest », Comptes rendus de l’Académie des inscriptions et Belles-Lettres, p. 631-682.

- Des résumés des rapports annuels de la mission ont par ailleurs été publiés en anglais et en arabe dans la revue des Antiquités saoudiennes Atlal à partir de 2002.

- Ressources multimédia

Monuments éternels - Pétra, capitale du désert

La partie sud de la Zone 2 après restauration Restauration de la zone 2. Le matériau utilisé est naturel : argile, sable et eau. Seul le dégraissant est synthétique Fabrication de briques crues destinées à la restauration des chantiers de Madâ'in Sâlih, sous la supervision de I. as-Sabhân. Les briques sont fabriquées à l'aide de moules de dimensions identiques à celles des briques antiques et mises à sécher plusieurs mois avant d'être utilisées dans la restauration