Travaux et Mémoires


Depuis le volume 14, la série Travaux et Mémoires est éditée par l’Association des Amis du Centre d’Histoire et Civilisation de Byzance, 52, rue du Cardinal Lemoine, 75005 Paris.


Tome XX/2 - Mélanges Catherine Jolivet-Lévy, Paris 2016.

Catherine Jolivet-Lévy a été l’étudiante d’Anatole Frolow qui fut mon prédécesseur à la chaire d’art byzantin de l’université Paris 1. À la mort de ce dernier, je fus appelé à le remplacer en compagnie de Pauline Donceel-Voûte qui fut, peu après, choisie comme directrice de l’Institut néerlandais d’Istanbul et démissionna de son poste. Catherine me parut toute désignée pour la remplacer, d’autant que nos champs d’activité, l’archéologie de l’Antiquité tardive de mon côté, l’histoire de l’art de Byzance du sien, se complétaient parfaitement. Ainsi commença une collaboration pédagogique et scientifique qui fut efficace et harmonieuse car elle était fondée sur le recours aux documents, leur insertion dans leur contexte historique, culturel et souvent liturgique, ainsi que sur une méfiance commune des a priori stylistiques. Sa nomination, après son habilitation à diriger des recherches en 1996, comme professeur à Paris 1 puis comme directrice d’études à l’École Pratique des Hautes Études (Ve section) lui permit d’assurer pleinement un rôle éminent dans la formation à la recherche de jeunes chercheurs.
Catherine avait choisi de se tourner pour sa thèse vers la peinture de Cappadoce, qu’elle centra sur le décor absidal, plongeant ainsi au cœur du système iconographique, de son programme et des intentions particulières exprimées dans tel ou tel édifice. Soutenue en 1981, sous le titre La peinture byzantine en Cappadoce. Problèmes d’ensemble et introduction à l’étude de l’iconographie absidale, elle fut publiée par les éditions du CNRS en 1991 sous le titre Les églises byzantines de Cappadoce. Le programme iconographique de l’abside et de ses abords (592 pages). L’ouvrage reçut de vifs éloges, notamment de Charles Delvoye qui signa là son dernier compte rendu, inachevé, dans Byzantion.
La Cappadoce a donc été au centre de la réflexion scientifique de Catherine, sur les traces de Guillaume de Jerphanion disparu en 1948, dont elle a salué l’œuvre pionnière et dont elle a publié tout récemment, avec Nicole Lemaigre Demesnil, chez le même éditeur, une mise à jour exhaustive (La Cappadoce, un siècle après Guillaume de Jerphanion, 2015, prix Lantier de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres), qui respecte les articulations de son illustre devancier tout en enrichissant de deux cent cinquante monuments nouveaux ceux qui avaient été recensés par lui. Elle participa à plusieurs missions de Jean-Michel et Nicole Thierry dans le milieu des années 70, avant de voler de ses propres ailes.
Elle a consacré beaucoup d’énergie à l’étude de cette région, qu’elle a élargie aux secteurs du Hasan Dağı (à l’ouest), de Niğde (au sud) et de Kayseri (à l’est). Elle a labouré inlassablement cet espace, initiant sur le terrain des étudiants français, mais aussi grecs et turcs, même si elle se heurta parfois à des « chasses gardées ».
Sa très large connaissance des sources bibliques et chrétiennes, ainsi que de l’iconographie religieuse du monde chrétien, lui a permis de mieux déchiffrer et d’améliorer la lecture de beaucoup de parois cappadociennes. Répertoire iconographique, cycles (comme ceux de l’Enfance de la Vierge, de l’Archange Michel), cultes locaux (saint Hiéron, saint Eustathe, ou encore saint Kèrykos), écho des cultes de la Syrie proche (stylites), sujets rares (images de l’Agneau) ont été mieux pris en compte. Sa vision du programme d’ensemble des églises, son souci de la mise en rapport des images les unes avec les autres et du choix de leur emplacement correspondent à l’approche actuelle des décors, tout comme la reconnaissance du poids des commanditaires dans ce domaine, quand ils sont mentionnés dans des inscriptions dédicatoires ou des invocations, comme dans le cas de deux églises, la Nouvelle Église de Tokalı et, surtout, le grand pigeonnier de Çavuşin où Nicéphore Phocas, représentant de l’aristocratie cappadocienne, l’impératrice Théophano et d’autres membres de la famille impériale font face à Constantin et Hélène.
Toutefois, les recherches menées depuis Jerphanion l’ont amenée à infléchir la répartition qu’il avait faite des églises cappadociennes entre églises protobyzantines, églises des IXe-XIe siècles et églises du XIIIe siècle : les églises protobyzantines sont plus nombreuses, les décors aniconiques ne semblent pas antérieurs au IXe siècle, les peintures « archaïques » correspondent en fait à l’art de la capitale, tout comme celui des églises à colonnes, et les églises du XIIIe siècle, plus abondantes, renouvellent notre connaissance des Grecs à l’époque seldjoukide.
Outre la compréhension de l’iconographie, Catherine a mené un examen minutieux des aménagements liturgiques des églises dans le sanctuaire et ses annexes, le narthex et les bas-côtés, notamment dans le cas des chapelles funéraires. Surtout, elle a analysé les monuments comme des ensembles avec différentes salles et installations (salles communes, réfectoires, cellules, cuisines, pressoirs ou pigeonniers), voire la circulation des eaux dans certains ensembles. Elle a pris en compte toutes les formes d’habitat de la région, y compris les villes rupestres, tout en restant critique devant certaines interprétations récentes d’établissements comme des résidences. Enfin, elle a souligné les lourdes menaces qui pèsent sur ce patrimoine : l’érosion, les déprédations diverses et un tourisme parfois agressif.
L’apport de Catherine Jolivet-Lévy à l’étude de la Cappadoce, dont font partie certaines recensions magistrales, est donc considérable. Elle a aussi contribué à décloisonner les décors de cette province pour les insérer dans les courants de l’art byzantin et plus largement chrétien oriental.
La récipiendaire de ces Mélanges a été de fait active sur tous les aspects du patrimoine byzantin dans d’autres régions de Turquie, sur la peinture constantinopolitaine du XIIIe siècle et ses contacts avec l’Occident, sur les fresques du XIe siècle subsistant dans la basilique orientale de Xanthos et sur les constructions arméniennes dans l’est du pays comme l’église d’Aght‘amar. Hors des frontières turques, elle a accompli des missions sur les peintures rupestres de Crimée, a publié sur les peintures chypriotes (Saint-Néophyte), sur les décors peints et en mosaïque de Grèce et a tout récemment participé à un livre sur les peintures de San Filippo di Fragalà en Sicile (sous presse aux éditions de l’École française de Rome). Sa connaissance des manuscrits, des ivoires, des tissus coptes et des icônes est aussi attestée dans beaucoup de ses travaux.
Plusieurs manuels et ouvrages généraux, rédigés par elle seule ou en collaboration, témoignent enfin de sa maîtrise de l’ensemble de l’art byzantin et de la place de celui-ci dans l’art médiéval. Professeur exemplaire, elle a su former une relève de chercheurs et d’enseignants dont les apports sont déjà très substantiels.
La lecture de sa bibliographie jointe à cette notice et les contributions qui suivent illustrent l’éclatant apport de Catherine Jolivet-Lévy à l’étude de l’art chrétien du monde balkanique et oriental.

Jean-Pierre Sodini
Académie des Inscriptions et Belles-Lettres

ISBN 978-2-916716-62-6. 85.50 €

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Tome XX/1 - Mélanges Jean Gascou, Paris 2016.

Peu de personnes auront marqué aussi profondément la papyrologie des époques byzantine et arabe que le récipiendaire de ce volume. Aussi ses collègues et élèves ont-ils répondu sans hésiter à notre appel pour rendre hommage, à travers le présent volume, à une œuvre dont ils se sentent tributaires et qui ne cesse de stimuler les nouvelles générations.
Jean Gascou a beau d’être l’inventeur d’un « modèle », il s’est avant tout exprimé à travers l’édition de papyrus, qu’il a toujours ressentie comme un stimulus nécessaire au développement d’une pensée ferme et rigoureuse cherchant à éviter les séductions des synthèses faciles et des rapprochements factices de données en réalité hétérogènes. Cet hommage se devait donc d’être avant tout un recueil d’éditions de papyrus. Nous avons pu tenir ce cap, même si certains collègues dont la présence était souhaitée ont préféré contribuer par un essai, sans jamais néanmoins rompre totalement les liens avec la documentation papyrologique.
Le risque d’hétérogénéité qu’encourt tout volume de mélanges est ici conjuré par l’unité thématique qui découle des limites chronologiques et géographiques que nous lui avons imposées et qui reflètent celles de l’œuvre de Jean Gascou : l’Égypte byzantine et arabe – même si quelques incursions en dehors de cette province confirment cette règle éditoriale et rappellent que notre « mélangé » s’est aussi intéressé à d’autres périodes (la fin du Haut-Empire) et à d’autres régions (notamment le Proche-Orient qu’il a fréquenté avec de plus en plus d’assiduité ces deux dernières décennies). C’est aussi la raison pour laquelle certains collègues proches de Jean Gascou, mais travaillant sur d’autres périodes, n’ont pu contribuer à ces mélanges. Nous nous excusons auprès d’eux d’avoir été d’une rigueur inflexible qui, loin d’être une entorse à l’amicitia papyrologorum, ne visait qu’à produire un ouvrage homogène qui reflète le mieux possible les préoccupations du récipiendaire.
Homogène ne veut pas forcément dire « monolingue ». On verra que toutes les langues pratiquées à grande échelle dans l’Égypte de l’Antiquité tardive et du haut Moyen-Âge y sont représentées dans toute leur diversité : grec, latin, copte, arabe. Nous avons souhaité ce mélange : il correspond aux intérêts de Jean Gascou, qui a pratiqué l’édition de papyrus dans ces quatre langues ; il acte surtout une tendance de la papyrologie qui refuse désormais tout enclavement linguistique, comme en témoignent les sessions de nos congrès consacrées à d’autres formes de papyrologie et l’émergence d’une nouvelle génération de papyrologues de plus en plus rétive à se laisser enfermer dans une documentation monolingue.
L’autre risque auquel s’exposent des mélanges qui prennent la forme d’un volume d’éditions est la disparité qualitative des papyrus. Il n’est pas toujours facile d’échapper aux « rogatons » ou aux « fonds de tiroir » dans ce type de publications, surtout à une époque où les mélanges scandent nos vies de chercheur à un rythme de plus en plus frénétique. C’est au lecteur de décider si ce danger a été ici évité. Mais, pour notre part, nous en sommes convaincus et nous souhaitons exprimer notre reconnaissance aux contributeurs pour le grand intérêt des pièces qu’ils ont accepté de livrer au public. Cette haute qualité des textes est finalement le meilleur indice de l’admiration et la gratitude de la communauté papyrologique pour l’œuvre de Jean Gascou.
Nous tenons enfin à remercier Constantin Zuckerman d’avoir accueilli ce volume dans la collection des Travaux & Mémoires qu’il dirige et Emmanuelle Capet qui s’est acquittée avec acribie et élégance de la relecture et de la mise en pages de ce volume. Nous devons également à celle-ci la bibliographie liminaire de Jean Gascou et les index grec et latin qui clôturent cet ouvrage. Nous remercions aussi Naïm Vanthieghem qui a bien voulu s’occuper de l’index arabe ainsi qu’Anne Boud’hors et Esther Garel qui ont finalisé l’index copte.

Jean-luc Fournet
Arietta Papaconstantinou

ISBN 978-2-916716-59-6. 85.50 €

Voir la préface, résumés et la table des matières ici


Tome XIX - Studies in Theophanes, edited by Marek Jankowiak & Federico Montinaro, Paris 2015.

This book presents the proceedings of the conference “The Chronicle of Theophanes : sources, composition, transmission,” organized by the editors in Paris in September 2012. The first section of the volume is devoted to the question of the authorship of the Chronicle, raised by C. Mango almost forty years ago. The second section is devoted to issues of transmission, both direct (manuscript tradition) and indirect (readership, translations). The third section concerns Theophanes’ sources for early Byzantine history. A separate section hosts papers by some of the major actors in the current debate on Theophanes’ Eastern source. The last section of the book deals with the later part of the Chronicle and with its sources.

ISBN 978-2-916716-58-9. 85.50 €

See Introduction and Table of Contents here


Tome XVIII - Mélanges Jean-Pierre Mahé, Paris 2014.

Le volume des Mélanges dédié à Jean-Pierre Mahé, membre de l’Institut, pour son 70e anniversaire, comporte quarante-six contributions portant sur l’histoire, la philologie, l’archéologie, l’épigraphie et l’iconographie du monde caucasien, arménien mais aussi géorgien, ainsi que sur la gnose, l’hermétisme et la patristique.

ISBN 978-2-916716-51-0. 85.50 €

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Tome XVII - Constructing the Seventh Century, Paris 2013.

The title of this volume could be misleading. “Constructing the 7th century” by no means implies an intellectual construction. It should rather recall the image of a construction site with its scaffolding and piles of bricks, and with its plentiful uncovered pits. As on the building site of a medieval cathedral, every worker lays his pavement or polishes up his column knowing that one day a majestic edifice will rise and that it will be as accomplished and solid as is the least element of its structure. The reader can imagine the edifice as he reads through the articles collected under this cover, but in this age when syntheses abound it was not the editor’s aim to develop another one. The contributions to the volume, regrouped in five sections, explore various aspects of institutional, political and cultural life of the century producing unpublished material and new insights on some much debated topics.

ISBN 978-2-916716-45-9. 85.50 €

Voir la préface et la table des matières ici


Tome XVI - Mélanges Cécile Morrisson, Paris 2010.

Le volume des Mélanges dédié à Cécile Morrisson, correspondante de l’Institut, pour son 70e anniversaire, comporte quarante-huit contributions portant sur la numismatique, la sigillographie, l’archéologie et l’histoire économique et sociale tant de l’Empire d’Orient de l’Antiquité tardive à la fin de la période byzantine que du haut Moyen Âge occidental.

ISBN 978-2-916716-28-2. 85.50 €

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Tome XV - Mélanges Jean-Pierre Sodini, Paris 2005.

Le volume des Mélanges, dédié à Jean-Pierre Sodini, correspondant de l’Institut, pour son 65e anniversaire, comporte quarante-sept contributions consacrées pour la plupart aux régions et aux sites explorés par le dédicataire. Il présente des études de différents types de matériel archéologique – sculpture, céramique et métal – ainsi que quelques descriptions littéraires de monuments.

ISBN 2-9519198-7-5. 71 €

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Tome XIV - Mélanges Gilbert Dagron, Paris 2002.

Le volume des Mélanges, dédié à Gilbert Dagron, membre de l’Institut, pour son 70e anniversaire, comporte quarante-sept contributions, depuis l’Antiquité tardive jusqu’aux derniers siècles de l’Empire byzantin. Il présente des textes inédits et des révisions de documents publiés, aussi bien que des études d’histoire politique, littéraire et religieuse de Byzance.

ISBN 2-9519198-0-8. 71 €

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Du volume 1 à 13, la série Travaux et Mémoires était diffusée par De Boccard, 11, rue de Médicis, 75006 Paris.
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