Cefalà Diana

Italie

Directeurs : A. Nef (univ. Paris 1) et A. Bagnera


Localisation : 37°55’49.58"N ; 13°28’22.91"E

Mise à jour : 18 avril 2017

Institutions partenaires
École Française de Rome
Surintendance de Palerme
UMR Orient et Méditerranée
Université de Panthéon-Sorbonne (Paris 1)

Ce programme de recherche s’est déroulé dans le cadre d’une convention entre l’École française de Rome et la Surintendance de Palerme et a été financé essentiellement par la première, la seconde mettant à disposition soutien scientifique et logistique ; la Provincia Regionale di Palermo a également fourni une aide financière pour l’étude de la frise épigraphique. L’UMR 8167, quant à elle, a financé une partie des missions des participants français chaque année. Il s’agissait à la fois d’étudier le matériel issu des fouilles menées par A. Bagnera pour le compte de la Soprintendenza di Palermo en 1993-1197 et 2001 dans le cadre de la restauration du complexe thermal et d’exploiter la documentation afférente systématiquement afin d’apporter une réponse à une série de questions restées ouvertes. Dans ce but, un sondage financé par l’École française de Rome en 2006 a aussi été décisif pour l’établissement de la chronologie de l’édifice thermal. La publication des résultats est prévue pour l’année 2017 aux presses de l’École française de Rome (le manuscrit a été remis).

Présentation


Un site exceptionnel : la mise en valeur d’une ḥāmma sicilienne

Le complexe thermal de Cefalà relève de la catégorie désignée par les auteurs arabes par le vocable de ḥāmma (à distinguer des ḥammām-s qui comprennent un système de chauffage de l’eau). Installé sur une source d’eau chaude localisée à 30 km au SE de Palerme, il comprend un édifice thermal, des annexes permettant de loger les voyageurs qui empruntaient l’importante route Palerme-Agrigente sur laquelle il est situé, et un moulin. Son eau est réputée pour les maladies de peau, en particulier la lèpre.
L’ensemble du complexe a été étudié et replacé au sein du territoire environnant (étude de la documentation écrite et prospections). Sa chronologie elle-même a longtemps été discutée (origine pré-islamique, islamique, normande ?), mais les fouilles archéologiques conduites entre 1993 et 2001, l’étude des documents médiévaux (A. Nef), l’analyse architecturale (R. di Liberto) et le sondage archéologique de 2006 (A. Bagnera) ont permis de reconstituer la chronologie du site, et de mieux comprendre quels furent le sort et l’utilisation du complexe. Les premières mise en valeur et fréquentation associées à la source date de la période islamique de l’histoire de l’île (IXe-XIe s.) et plus précisément de la première moitié du Xe siècle.
Dans la seconde moitié du Xe siècle a lieu une importante reconfiguration qui voit la construction de l’édifice thermal et d’une structure importante (la « structure A ») orientée vers le Sud.
L’édifice thermal tel qu’on peut l’admirer aujourd’hui date du XIIe siècle comme l’a confirmé une analyse renouvelée de la frise épigraphique (R. Giunta). Il a ensuite connu deux phases principales de restructuration : la première, vers le milieu du du XVIIIe siècle, est marquée par la tripartition de la grande piscine située au Nord du bain et par la reconfiguration de la partie Sud ; de nouvelles portes sont ouvertes et la voûte qui couvrait la piscine est reconstruite. Une dernière restructuration a lieu un siècle plus tard, avec le rétrécissement et le réhaussement des vasques et la déviation d’une partie de l’eau des bains pour alimenter le moulin voisin.
Cet édifice thermal est unique en Italie en raison de son origine islamique et il est le seul du dâr al-Islâm qui aura été systématiquement étudié à l’issue de ce projet qui a permis en outre d’élaborer le premier relevé complet du site et d’analyser sa frise épigraphique, qui est un des très rares exemples non palermitains d’inscription monumentale sicilienne en caractères arabes célébrant la dynastie des Hauteville.

Une fenêtre sur l’histoire de l’île


La documentation écrite et l’épigraphie permettent de suggérer que ce complexe monumental proche de la capitale a dû avoir dès l’époque islamique une vocation en partie médicale qui s’est prolongée au moins jusqu’à la fin du XIIe siècle, dans le cadre d’un hospitalis. il est probable que son statut de waqf à la période islamique explique son passage dans le patrimoine royal, avant qu’il ne passe dans celui de l’évêché d’Agrigente puis de Monreale, puis dans le patrimoine des grandes familles de l’aristocratie à partir du XIVe siècle.
De son origine au XIXe siècle, le destin du complexe et du site environnant reflète les évolutions d’une région proche de la capitale ainsi que les flux et les reflux de la dimension islamique du complexe puis de sa perception à travers le temps.

Participants
Cette opération a permis de conjuguer l’apport de disciplines variées indispensable à la lecture exhaustive d’un complexe monumental d’analyse peu aisée.

  • Documentation écrite : Lucia Arcifa (professore associato di Archeologia Medievale presso l’Università degli Studi di Catania) ; Annliese Nef (Maîtresse de conférences à l’Université Paris 1-Panthéon Sorbonne, UMR ‘Orient et Méditerranée’ 8167).
  • Archéologie : Alessandra Bagnera, archéologue indépendante, spécialiste du monde de l’islam médiéval ; Paul Benoit, professeur honoraire, Université Paris1-Panthéon-Sorbonne.
  • Architecture : Patrice Cressier, chargé de recherche CNRS retraité (CIHAM, Lyon) ; Rosa Di Liberto (architecte, Soprintendenza Beni Culturali della Città Metropolitana di Palermo).
  • Épigraphie : Roberta Giunta (professore associato di Archeologia e storia dell’arte musulmana ed Epigrafia islamica presso l’Università degli studi di Napoli “L’Orientale”) Étude du matériel : Giuseppina Battaglia (Soprintendenza BB.CC.AA. di Palermo) ; Franco D’Angelo (ex Direttore dei settori Cultura e Tutela dell’Ambiente presso la Provincia di Palermo) ; Lucina Gandolfo (Polo Regionale di Palermo per i Parchi e i Musei Archeologici) ; Sophie Gilotte (chargée de recherche au CNRS-Ciham UMR 5648) ; Elena Pezzini (Museo Archeologico Regionale ‘Antonino Salinas’ di Palermo) ; Sergio Aiosa (ricercatore in Archeologia romana e provinciale presso l’Università degli Studi di Palermo) ; Costanza Polizzi (Museo Archeologico Regionale ‘Antonino Salinas’ di Palermo) ; Maria Reginella (Soprintendenza BB. CC. AA. di Palermo) ; Viva Sacco (docteure en histoire de l’art et archéologie islamiques, associée à l’UMR 8167).
  • Étude des restaurations : Lina Bellanca (architecte, Soprintendenza Beni Culturali di Palermo) ; Paola Vaccarello (architecte, Soprintendenza ai Beni Culturali e Ambientali di Palermo).
  • Relevés et dessins : Francesco Sciré (architecte indépendant, collaborateur des Università di Palermo et di Roma “La Sapienza”).
  • Faune : José Garcia Garrido (Estación Biológica de Doñana-CSIC, groupe de Recherche "Especies Cinegéticas y Plagas"-RM118) ; Maurizio Sarà (professore di Zoologia presso il Dipartimento STEBICEF e Direttore del Museo di Zoologia dell’Università di Palermo.)
  • Analyses archéométriques menées sur les matériels : Renato Giarrusso (géologue, Laboratorio di ricerca e sperimentazione sui materiali - Geolab s.r.l di Carini ; Angelo Mulone (géologue, directeur du Laboratorio di ricerca e sperimentazione sui materiali, Geolab s.r.l di Carini).
  • Prospections géophysiques : Muriel Llubes (Université Paul Sabatier – Toulouse 3, Observatoire Midi-Pyrénées, UMR5563, GET)

Publications de l’équipe

  • A. Bagnera, "Il bagno termale (al-ḥamma) di Cefalà Diana (Palermo). Primi dati per una storia del termalismo in Sicilia tra epoca islamica e XX secolo", in R. D’Amora e S. Pagani (ed.), Hammam. Le terme nell’Islam, Florence, 2011, p. 107-131.
  • A. Bagnera, "L’islam e le terme di Cefalà Diana. Nuovi dati archeologici e questioni aperte", in M.V. Fontana e B. Genito (a cura di), Studi in onore di Umberto Scerrato per il suo settantacinquesimo compleanno, Naples, 2003, I, p. 35-76.
  • A. Bagnera, "Le cosiddette ‘Terme Arabe’ di Cefalà Diana (Palermo) : relazione preliminare sulle indagini archeologiche", in Atti delle Terze Giornate Internazionali di Studi sull’Area Elima (Gibellina – Erice – Contessa Entellina, 23-26 ottobre 1997), Pise-Gibellina, 2000, I, p. 57-78.
  • A. Bagnera, P. Benoit, R. Di Liberto, A. Nef et E. Pezzini, « Les bains de Cefalà Diana (Palerme). La mission de septembre 2007 », MEFRM, 119/2 (2007, paru en 2008), p. 463-468.
  • A. Bagnera, R. Di Liberto, A. Nef et E. Pezzini, « Les bains de Cefalà Diana (Palerme) : la mission de septembre 2005 », dans MEFRM, 117/2 (2005), p 781-791.
  • A. Bagnera, R. Di Liberto, A. Nef et E. Pezzini, « Les bains de Cefalà Diana (Palerme) : la mission de septembre 2006 », dans MEFRM, 118/2 (2006), p. 381-387.
  • A. Bagnera, R. Di Liberto, A. Nef et E. Pezzini, « I bagni di Cefalà Diana (PA) e il loro contesto storico e territoriale, un progetto di ricerca », poster dans IV Congresso nazionale di Archeologia medievale (Abbazia di San Galgano 26-30 sept. 2006), Florence, 2006, p. 237-238.
  • A. Bagnera, R. Di Liberto, A. Nef et E. Pezzini, « Les bains de Cefalà (Cefalà Diana, prov. de Palerme) : la campagne de septembre 2003 », dans MEFRM, 116/2, 2004, p. 821-827.
  • A. Bagnera et A. Nef, « Les bains de Cefalà (prov. de Palerme) : contexte historique et fonctions », dans M. Guérin-Beauvois et J.-M. Martin éd., Bains curatifs et bains hygiéniques de l’Antiquité au Moyen Age, Rome, 2007 (Ecole française de Rome, 383), p. 263-308.