Cefalà Diana

Italie

Localisation : 37°55’49.58"N ; 13°28’22.91"E

Directeurs : A. Nef (O&M-IM) et A. Bagnera ; 2003 – 2008 / publication en 2009

Ce projet, en voie de conclusion, s’est déroulé dans le cadre d’une convention entre l’École française de Rome et la Surintendance de Palerme et a été financé essentiellement par la première, la seconde mettant à disposition soutien scientifique et logistique ; la Provincia Regionale di Palermo a également fourni une aide financière pour l’étude de la frise épigraphique. L’UMR 8167, quant à elle, a financé une partie des missions des participants français chaque année. La publication de l’étude consacrée aux bains de Cefalà est prévue pour l’année 2010 aux presses de l’École française de Rome.

Cette opération a permis de conjuguer l’apport de disciplines variées indispensable à la lecture exhaustive d’un complexe monumental d’analyse peu aisée. Elle a reposé sur la collaboration de différents spécialistes : R. di Liberto (Assessorato Cultura Provincia Regionale di Palermo) pour l’analyse architecturale, E. Pezzini (Museo Archeologico regionale di Palermo) qui a étudié la céramique, F. Scirè (Università Palermo) pour le relevé topographique et photogrammétrique. Du côté français, Sophie Gilotte (docteure de l’Université de Paris 4) a dessiné la céramique et analysé les matériels métalliques, Paul Benoit, professeur émérite de l’Université de Paris 1, a étudié le moulin et Muriel Llubes (CNES-Toulouse) a assuré la prospection électro-magnétique. Des collaborations plus ponctuelles ont permis d’étudier l’ensemble du matériel.

Les années 2003-2008 ont vu se dérouler quatre campagnes d’étude sur ce site localisé à 30 km au sud de Palerme (2003, puis 2005-2007). Une dernière campagne de deux semaines est prévue en septembre 2008 pour achever le traitement du matériel et la discussion des données avant la publication.

Le complexe thermal de Cefalà relève de la catégorie désignée par les auteurs arabes par le vocable de hâmma (à distinguer des hammâms qui comprennent un système de chauffage de l’eau). Il est installé sur une source d’eau chaude et comprend des bains, des annexes permettant de loger les voyageurs qui empruntaient l’importante route Palerme-Agrigente sur laquelle il est installé, et un moulin. L’ensemble du complexe a été étudié et replacé au sein du territoire environnant (étude de la documentation écrite et prospections). La chronologie du complexe lui-même a longtemps été discutée, mais les fouilles archéologiques conduites par A. Bagnera pour le compte de la Soprintendenza di Palermo entre 1992 et 2001, l’étude des documents médiévaux (A. Nef), l’analyse architecturale (R. di Liberto) et un sondage archéologique financé par l’EFR ont permis de reconstituer la chronologie du site, et de mieux comprendre quels furent le sort et l’utilisation du complexe. La première utilisation de la source est liée à des structures, pré-existantes au monument et qui remontent à la domination islamique dans l’île (IXe-XIe s.). La construction du monument date du XIIe siècle. Le complexe a ensuite connu deux phases principales de restructuration : entre la fin du XIVe et le début du XVe siècle, un fondaco est annexé au bain (première mention dans la documentation en 1389), et entre la fin du XVIIe et du XVIIIe siècle, une partie de l’eau des bains est déviée pour servir au moulin voisin.

Cet édifice thermal est unique en Italie en raison de son origine islamique et il est le seul du dâr al-Islâm qui aura été systématiquement étudié à l’issue de ce projet qui a permis d’exploiter les données de fouilles antérieures, de préparer le premier relevé complet du site, de mener la première étude historico-architecturale exhaustive de l’édifice thermal, d’établir la datation des différentes phases de son évolution, en le replaçant dans le site qui est le sien, et de mener une analyse de sa frise épigraphique, qui est un des très rares exemples non palermitains d’inscription monumentale sicilienne en caractères arabes.