Nishapour

Iran

Localisation : 36°10’15.37"N ; 58°50’49.77"E

Directeurs : Monik Kervan (O&M-IM) et Mr Labbaf-Khaniki ; 2004 - /

Au pied des chaînes montagneuses qui séparent l’Iran du Turkménistan, les vestiges de la ville de Nishapour, métropole de l’Iran pré-mongol, s’étendent sur une surface de 2 400 ha, au sud-est de la ville moderne, fondée au XIVe siècle. Des fouilles américaines (1935-1940), dans la partie centrale du site, puis iraniennes (1995-2002), dans sa partie occidentale, ont révélé d’impressionnants quartiers d’habitations et des palais, datés du VIIIe au XIIe siècle. En contradiction avec les sources sassanides et islamiques, l’occupation du site ne semblait recéler aucun niveau antérieur au milieu du VIIIe siècle. La mission conjointe franco-iranienne fondée en 2004, sous l’égide de l’ICAR (Téhéran) et des MAEE et CNRS (Paris), a eu pour but d’élucider le problème des origines de Nishapour et du processus d’islamisation de cette ville devenue, après sa conquête par les Arabes en 650, le point de départ des expéditions vers l’Asie Centrale. Trois campagnes de fouilles ont eu lieu dans la partie orientale du site, dominée par les ruines du Qohandez (= citadelle : 4.6 ha). Au-dessus du sol vierge, constitué par le glacis de piémont, trois niveaux sassanides ont été mis au jour, le 3e constitué par des monuments puissants, ordonnés selon un quadrillage régulier. L’un d’eux, le réduit de la citadelle, a été en partie dégagé. L’ensemble architectural auquel il appartient pourrait dater du VIe siècle (Khusrow I, 531-579).

Perdant son statut militaro-politique après la conquête, mais toujours habité dans les siècles suivants (VIIe-IXe), le Qohandez fut ensuite nivelé et reconstruit à l’époque samanide (Xe siècle), puis une deuxième fois, à l’époque seljuqide (XIe siècle), la ville ayant alors couvert l’ensemble du site. La direction de cette fouille est conjointement assurée par Mr Labbaf-Khaniki et Mme M. Kervan. Les archéologues, céramologues et architectes iraniens et français, sont aux nombres d’une dizaine (les deux céramologues français appartenant au Dept. d’art islamique du Louvre). Éric Fouache, géographe, Pr. à l’Université Paris XII et Claude Cosandey, hydrologue, apportent une contribution précieuse à cette mission.