Vallée de l’Eure

Cités des Carnutes et Eburovices (Gaule occidentale)


Vallée de l’Eure  : une rivière, des territoires. Étude sur la géodynamique d’une vallée en interaction avec l’homme

  • Plan sur parchemin produit lors d’un procès opposant les marchands de Chartres au Seigneur de Villiers le Morhier, 1473 [dessin à l’encre et gouaché, 49 x 31 cm env., Arch. dép. Eure-et-Loir, FR AD 28 / C 69]

Localisation : 48°26’57’’ N, 1°28’37’’ E | 48°44’10’’ N, 1°21’56’’ E | 49°04’18’’ N, 1°30’45’’ E
Responsables : Fabienne Dugast, Ingrid Renault

Situation et contexte
Le bassin versant de la vallée de l’Eure appartient, sur le plan géologique, au Bassin parisien dont il couvre la moitié ouest et s’ouvre sur la Normandie. De taille moyenne, la rivière de l’Eure prend naissance dans le Perche, opère une boucle à hauteur de la ville de Chartres et s’écoule sur 80 km du sud au nord, jusqu’à sa confluence avec la Seine en rive gauche, au sud de Rouen. Elle parcourt ainsi plusieurs grandes régions paysagères, de la Beauce chartraine aux portes de l’Eure, en passant par le Thymerais-Drouais et le plateau Saint-André. Son bassin s’étend aujourd’hui sur toute la moitié ouest du département des Yvelines, la moitié nord du département de l’Eure-et-Loir et traverse la moitié est du département de l’Eure.
Son histoire est étroitement liée à la « grande histoire » de France et de ses rois, tout particulièrement dans sa portion sud, en Eure-et-Loir. On rappellera que, dès le XVIe siècle, les rois de France y installèrent des lieux de villégiature privilégiés, proches de la cour de Versailles. Au Xe siècle, Dreux constitua une place forte et abrite encore la Chapelle royale de la famille Bourbon-Orléans, tandis que l’Avre fut un rempart naturel et une ligne de front de la Normandie au Moyen Âge.
Aux époques antique et médiévale, la vallée a accueilli sur son axe principal quatre centres urbains – Chartres, Dreux, Évreux, Pîtres –, distants de 25 km chacun, qui ont connu des évolutions différentes autour de la construction des territoires et qui font peut-être référence au développement, à l’époque néolithique, de différents faciès culturels aux influences multiples.
Sur le plan paysager, le bassin constitue un réseau hydrographique organisé autour d’un nombre réduit de vallées actives, à cours d’eau pérenne, qui se prolongent à l’amont par une multitude de vallons secs ou vallées sèches qui incisent les plateaux. Le « chevelu » des affluents – la Jouvence, la Voise, la Drouette, la Maltorne, la Vesgres, l’Iton, l’Avre... – développe ainsi de multiples facettes, alliant cohérence et diversité.
La position historique et la configuration géographique de ce bassin en font un cadre riche et original pour aborder les questionnements sur les logiques d’occupation du sol, les dynamiques de peuplement et d’échanges, ou encore la structuration des territoires, en relation avec l’eau, sur le long terme et à différentes échelles, à la croisée de plusieurs milieux géographiques.

Objectifs et approches
La problématique centrale du projet est de comprendre la dynamique de peuplement du territoire choisi – le bassin versant de l’Eure, de son cours d’eau principal à ses affluents jusqu’aux plateaux –, à la croisée de plusieurs milieux géographiques. La question urbaine sera abordée à travers les trois centres – de Chartres, Dreux et Evreux –, qui ont connu chacun une évolution différente, Chartres et Evreux représentant relativement tôt des places centrales qu’elles ont conservé jusqu’à nos jours, et Dreux une « alternative ». Elle y intègrera celle de la formation « ethnopaysagère » comprise dans un système non pas simplement relationnel ville/campagne, mais inter- ou rétroactif des dynamiques naturelles et sociales imbriquées, qui tiennent compte de l’utilisation, de l’appropriation et de la structuration des territoires comme un ensemble.
Un second axe de travail visera à explorer les fluctuations de la base économique de l’ensemble du ce territoire, à en comprendre les fondements et les aléas éventuels subis au cours du temps, en fonction des différents paramètres – environnementaux et humains –, étroitement imbriqués les uns aux autres.
Ces deux axes seront complétés et fédérés grâce à la structuration d’un outil innovant commun qui permettra l’acquisition et le croisement des différentes données, quelle que soit leur forme. Le socle de cet outil sera formé par un système de gestion de bases de données (SGBD). L’objectif principal sera de pouvoir incrémenter ce SGBD à un Système d’information géographique (SIG) en vue d’initier des analyses spatiales et des modélisations ponctuelles aussi bien que d’ensemble.

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Collaborations institutionnelles : Universités Paris-Sorbonne et Rouen ; UPMC ; Services régionaux de l’archéologie DRAC Centre-Val de Loire et Normandie ; Inrap ; Services départementaux de l’archéologie Eure (MADE, Evreux) et Eure et Loir (SAD 28, Chartres) ; Service municipal de la ville de Chartres (SMAC) ; Parc naturel régional de la Haute Vallée de Chevreuse ; Comité archéologique d’Eure et Loir (CAEL) ; Archéo27.


Travaux connexes
Fouille programmée du site de Hanches (Eure & Loir), sanctuaire d’époque gallo-romaine (opération sous la direction de Fabienne Dugast, 2006-2009)
Repéré depuis 1976 grâce à une fouille de sauvetage et une prospection aérienne, le site de la Cavée du Moulin à Hanches (Eure & Loir) a fait l’objet d’une première étude archéologique entre 2006 et 2009 : une prospection géophysique de type ARP a confirmé la présence de vestiges sur environ 3 ha ; deux campagnes de sondages ont mis notamment au jour la structure d’un temple, de type fanum, d’environ 11 m de côté, ainsi qu’un pierrier (?) renfermant des niveaux du Ier au IIIe siècle de notre ère.

Collaborations : Ingrid Renault ( Univ. Paris IV) ; Service régional de l’archéologie DRAC Centre ; Service départemental de l’archéologie, Chartres (dir. Hervé Sellès).
Financement : DRAC Centre, CAEL (Comité archéologique d’Eure et Loir), Conseil général de l’Eure et Loir.

Photos :
1 - Hanches (E&L), prospection aérienne, 1976 (phot. Daniel Jalmain ©).
2 - Hanches (E&L), prospection géophysique de type ARP, TerraNovA, 2006.
3 - Hanches (E&L), vue aérienne de la zone en cours de fouille, 2008 (phot. Alain Lelong ©).
4 - Hanches (E&L), premiers sondages sur le fanum, 2007-2008.
5 - Hanches (E&L),
6 - Hanches (E&L), solin de mortier d’un des bâtiments annexes, 2008.
7 - Hanches (E&L), fouille d’une fosse funéraire, 2008