Le Ribât de Tît (Maroc)

Programme en partenariat avec le Labex Resmed

Responsable : Jean-Pierre Van Staëvel (université de Paris-Sorbonne) ; Abdallah Fili (Université Chouaib Dokkali d’El Jadida),
Sébastien Gaime (Archéologue, INRAP)


Mise à jour le 7 mars 2017


Présentation

Située à une douzaine de km au sud d’El Jadida sur la côte atlantique, la commune aujourd’hui dénommée Moulay Abdallah Amghar abrite les vestiges de l’un des plus célèbres ribâts (lieu de retraite spirituelle) du Maroc médiéval : Tît-n-Fitr (ou plus couramment : Tît). Le site reçoit chaque année des dizaines de milliers de visiteurs et de pèlerins, dans le cadre d’une manifestation religieuse et culturelle annuelle (moussem) parmi les plus importantes du pays tout entier. Fondé par les Amghâriyîn ou Banû Amghâr, puissante famille de saints, cette implantation religieuse a joué un rôle important dans la diffusion du soufisme au Maghreb extrême à partir du XIIe siècle. C’est durant la même période que le site connaît une phase de construction remarquable. Divers monuments remontant à cet état médiéval subsistent encore, même s’ils sont très restaurés : c’est le cas de l’enceinte de l’agglomération et de ses portes. De cet ensemble monumental se détachent par contre deux minarets dont le décor rappelle celui des grandes mosquées impériales de l’époque almohade (deuxième moitié du XIIe siècle). Ces monuments sont d’autant plus intéressants qu’ils sont encore en grande partie inédits. Malgré son importance historique et l’état de conservation de ses vestiges, le ribât de Tît n’a en effet donné lieu qu’à une étude préliminaire, de grande qualité certes, mais qui remonte aux années 1920 (cf. Basset, Terrasse, Sanctuaires et forteresses almohades, 1932, rééd. 2001).

Le travail entrepris par la mission archéologique Îgîlîz dans le Sud marocain depuis 2012 ouvre de nouvelles perspectives sur l’étude de ce complexe religieux. Les opérations se sont jusqu’à présent concentrées sur le relevé photogrammétrique et archéologique des élévations des principaux monuments médiévaux de Tît, dans une démarche de documentation préventive, et ce dans le cadre d’une action concertée avec la commune de Moulay Abdallah. En 2016, la mission a bénéficié de l’appui de Sorbonne Universités pour mettre en œuvre un projet de numérisation par scanner laser et de modélisation 3D, piloté par M. Grégory Chaumet (Plémo3D). Ce nouveau projet, dénommé MoPTaMa (Monuments en pierre de taille du Maroc médiéval, dir. J.-P. Van Staëvel) a permis de numériser les monuments et vestiges en élévation les plus importants de l’ancien ribât. Les données collectées ont également fait l’objet des premières restitutions 3D. La mission poursuit en 2017 le traitement des données en vue d’une synthèse.



Participants

Archéologie du bâti :
Catherine Masure (étudiante)

Relevés au scanner laser, traitement des données numériques et modélisation 3D :
Grégory Chaumet (Plate-forme de numérisation mobile Plémo 3D, Centre André Chastel)

Topographie :
Salah Eddine Dkair (topographe indépendant)

Institutions partenaires

  • Direction du Patrimoine Culturel, Royaume du Maroc
  • Université Chouaib Dokkali, El Jadida, Royaume du Maroc
  • Université Paris-Sorbonne (Paris IV)
  • Institut National de Recherches Archéologiques Préventives
  • Labex RESMED
  • Sorbonne-Universités
  • UMR 8167 Orient et Méditerranée, composante Islam médiéval, Paris

Publications

  • Van Staëvel, Jean-Pierre, Fili, Abdallah, Gaime, Sébastien, Masure, Catherine, « Nouvelle recherches archéologiques sur le ribāt de Tīt (Moulay Abdallah Amghar, Province d’El Jadida, Maroc) », à paraître dans la revue Hespéris (Rabat), en janvier 2018.