Paphos (2008-2009)

Chypre

Localisation : 34.760794,32.417221
Mission 2008-2009

La mission archéologique française à Paphos, dirigée par Claire Balandier (Maître de conférences en Histoire grecque- UMR 8210) en collaboration avec Eric Morvillez (Maître de conférences Histoire romaine UMR 8167) a vu le jour en 2008 sous l’égide de la commission consultative pour la recherche archéologique du Ministère français des Affaires Étrangères et Européennes en collaboration avec le Département des Antiquités de Chypre. Notre projet scientifique a pour objectifs d’étudier l’évolution de l’espace politique et de l’urbanisme de l’ancienne capitale de Chypre de sa fondation au IVe siècle avant J.-C. jusqu’à l’époque franque.

Les deux premières campagnes de fouilles se sont déroulées au printemps 2008 et 2009, sur la colline dite de « Fabrika » au Nord-Est du site antique, dans un secteur menacé par le développement urbanistique. L’objectif de ces deux premières campagnes était de préciser le tracé de l’enceinte urbaine dans ce secteur et d’identifier l’accès à ce point élevé de la topographie de la ville.
Au Nord de la colline (chantier A), un mur M1, orienté nord-sud, a été mis au jour en 2008 sur une vingtaine de mètres. Un sondage effectué contre sa face externe a montré que ce mur est fondé sur de gros fragments de roche brute d’extraction, plus de 2,80 m au-dessous du niveau de circulation actuelle. Un deuxième sondage, effectué à l’arrière de ce mur, a permis de montrer qu’il s’agissait d’un mur de soutènement puisqu’aucun parement intérieur n’a été trouvé. Ce mur retient un épais remblai, apparemment hellénistique. Les premières estimations céramologiques permettent de penser que ce mur, constitué de blocs grossiers et de blocs de taille remployés, a été érigé au plus tôt à la fin du Ier siècle av. J.-C.

En 2009, la recherche du prolongement de ce mur vers le Nord ou son éventuel retour vers l’Est, a permis de mettre au jour un mur M2, de direction Est-Ouest. Ce mur, provisoirement dégagé sur 2,50 m de profondeur sans qu’aucun sol n’ait été atteint, est compartimenté par des piliers et une assise de réglage, les espaces intermédiaires étant rempli de tout venant. Ce mur porte des traces d’enduit, notamment dans l’angle avec son retour vers le Nord. Il pourrait s’agir des vestiges d’un habitat dont la date reste à préciser.

Au Sud-Est, l’accès à la colline a été recherché au Nord du théâtre hellénistique, là où la roche naturelle était profondément taillée. En 2008, la fouille a dégagé deux assises réglées aux blocs très soigneusement taillés, d’un mur situé en bordure de la ligne de rupture de pente. Ce mur de soutènement retenait un remblai épais comportant énormément de céramique médiévale, notamment franque. Cette couche a également révélé la matrice d’un sceau épiscopal ayant appartenu à un évêque de Bologne, Girardus, qui reste à identifier mais dont l’écriture gothique a pu être datée du début du XIIIe siècle. Ce remblai recouvrait la voûte effondrée de ce qui s’apparente à une citerne en partie taillée dans la roche dont la fouille a été poursuivie en 2009.