Les manuscrits de la mer Morte - Qumrân

J. Starcky confia à Émile Puech la publication officielle du lot de manuscrits hébreux et araméens dont il avait reçu la charge en 1954 comme membre de l’équipe internationale et interconfessionnelle des manuscrits de la grotte 4 de Qumrân.
Ce travail a été mené à terme en 2008. À part de minuscules fragments hébreux de copies de livres bibliques, l’essentiel du lot porte sur des fragments de copies de livres inconnus.

Le volume des fragments en hébreu contient en particulier des restes d’une Apocalypse messianique annonçant les bienfaits que Dieu réalisera lors de la venue du Prophète eschatologique et du Messie roi, avec la résurrection des justes à la fin des temps, une Prophétie apocryphe de Josué rapportant la conquête du pays et annonçant la construction du temple par David et Salomon, des fragments mentionnant le vols d’ustensiles du temple par Jonathan (Maccabée), sans doute en lien avec le départ du temple du grand prêtre légitime pour l’exil à Qumrân accompagné de prêtres et lévites fidèles, des fragments de la plus ancienne copie du Rouleau du Temple de la fin du 2e siècle avant J.-C., explicitant les deux motifs de peine capitale par crucifixion de juifs par le grand prêtre en exercice, des restes d’un texte Sapientiel avec un passage de 9 (8+1) béatitudes exaltant la sagesse-Loi au centre de la vie du juste, qui n’est pas sans parallèle avec la composition matthéenne.

Les volumes des fragments en araméen contiennent des restes de compositions inconnues. Une composition proche du livre de Daniel (Pseudo-Daniel) annonçant le règne de rois violents avant la venue du règne pacifique du Fils de Dieu, des restes du livre des Paroles de Michel, du Livre des Géants, de la Naissance de Noé, des Testaments des Patriarches, Jacob, Juda, Joseph, Lévi, Qahat, Amram, la lignée sacerdotale, d’une Chronologie biblique avec au centre la lignée saceerdotale, des Contes de Juifs à la cour perse, des Quatre Royaumes, de la Jérusalem Nouvelle, de Prophéties, Récits, Visions, d’Horoscopes, de Livret magique, de Proverbes et d’Écrits de Sagesse, de Testaments non identifiés et de nombreux autres fragments non identifiés.
Malgré leur état très lacunaire, tout ceci nous révèle pour la première fois la richesse et la diversité des rouleaux d’une littérature juive pour laquelle on n’avait pas ou très peu d’indications. Seuls quelques testaments avaient laissé des traces dans des compositions judéo-chrétiennes plus tardives. Ces restes de manuscrits sont maintenant au centre de notre représentation du judaïsme post-exilique naissant, aux époques perse et hellénistique, ils ouvrent un champ nouveau pour la recherche et la connaissance des idée, pratiques et croyances dans les derniers siècles avant J,-C.
En menant ce travail austère de publication de textes très morcelés et dont il manque la presque totalité, E. Puech a été amené à reprendre l’étude et l’édition de nombreux autres manuscrits des onze grottes publiés par ses devanciers et ses collègues.
La plupart ont paru dans des Actes de congrès internationaux, des Mélanges, la Revue Biblique ou dans la Revue de Qumrân dont il assure la direction depuis longtemps