Pétra

Programme épigraphique et archéologique du Wādī Abū ‘Ullayqa (Pétra, Jordanie)

Directeurs du Projet :Marie-Jeanne Roche, UMR 8167 (membre associé), EPHE, Ve section (chargée de cours), CRESC/Paris XIII ; Fawzi Zayadine, archéologue consultant, IFPO, Amman

Le site du Wādī Abū ‘Ullayqa est un sanctuaire nabatéen situé à 5 km environ du S-S/O du centre de Pétra (Petra Archaeological Park ; 356°N-S/732°E-W), au pied du Jabal Harūn (1510 m), sur la route vers la ‘Araba, le Néguev et le Sinaï. Le Wādī Abū ‘Ullayqa, qui s’écoule d’ouest en est vers le Wādī Waqīt, est divisé en deux parties par une chute d’une quinzaine de mètres. Sa partie supérieure traversée par le lit du wādī au profil en U, est bordée de terrasses couvertes de graffiti entremêlées de dessins de pieds. L’élément le plus remarquable du site est, sur la terrasse sud, une niche renfermant la statue acéphale de la déesse Isis, nommée par une inscription nabatéenne au-dessus. Devant cette niche, des restes architecturaux témoignent de l’ancienne existence d’un sanctuaire mi-rupestre mi construit. ; sur la rive nord, une banquette en L servait aux thiases. La partie basse du wādī Abū ‘Ullayqa est un étroit goulot accessible par le wādī Waqīt, et butte sur la chute du wādī du haut. Une sorte de salle rupestre comporte deux niche, celle de droite refermant un couple bétylique représentant la déesse nabatéenne al-‘Uzzā (« bétyle aux yeux »), et son parèdre le dieu Dūšarā. L’occupation du site peut être datée de la fin du Ier siècle de notre ère, si l’on en juge par les tessons de surface, et se poursuit au Ier s. de notre ère. Le site, connu depuis les années soixante, a été prospecté à nouveau dans les années 80 par le Dr. Manfred Lindner (Über Petra hinaus, 2003).
Le programme de prospection arrive à son terme ; il est dirigé conjointement par Marie-Jeanne Roche (ICP, LEM) et par le Dr. Fawzi Zayadine (Département des Antiquités de Jordanie), qui ont repris le dossier des regrettés J. T. Milik et J. Starcky des deux cents inscriptions nabatéennes de ce site, non publiées, à part quelques photos et mentions. Après une mission préliminaire en avril 2005 (avec M. André Lemaire et Mme Hedwige Rouillard-Bonraisin, directeurs d’études à l’EPHE), et avec le soutien de l’UMR 8167, trois autre missions ont eu lieu : en octobre 2005, en novembre 2007 et en novembre 2008 (financements : CNRS , « Appel d’offres Jordanie », EPHE, UMR 8167, CRESC-Paris XIII). La prospection de 2008 a élargi le domaine de recherche en direction du Jabal Harūn ; les inscriptions et graffiti à mi-chemin du sommet appartiennent clairement à la même catégorie que ceux du wādī Abū ‘Ullayqa. La continuité cultuelle est ici remarquable, puisqu’elle remonte au moins à l’époque nabatéenne, et probablement même à l’époque édomite, pour se poursuivre ensuite avec un sanctuaire chrétien puis un lieu de culte musulman jusqu’à nos jours. Une mosquée abrite le tombeau et le cénotaphe du prophète Aaron ; des inscriptions grecques, hébraïques et arabes y sont gravées.

Liste des photos

  • Inscription nabatéenne sur la terrasse S du haut-wādī
  • Le wādī Abū ‘Ullayqah avec le Jabal Hārūn à l’ouest
  • La statue d’Isis dans une niche devant la terrasse sud