Regards croisés d’Orient et d’Occident. Les barrages dans l’Antiquité tardive

- édité par F. Baratte, Christian Robin et Elsa Rocca
Paris 2014


Collection Orient et Méditerranée, 14
Paris, De Boccard, XXI-229 p.
ISBN 978-2-7018-0357-9

Là où l’eau est rare, donc précieuse, il s’agit d’en maîtriser le flot pour la diriger où elle est utile, la retenir pour l’accumuler, puis la redistribuer le moment venu de manière efficace.
Dans cette perspective, les barrages constituent un outil privilégié, mais d’une grande diversité. Le choix de leur implantation est essentiel, comme celui des techniques de construction mises en œuvre, parfois très simples, des murets de pierre, ou plus élaborées. Des dispositifs permettent alors de rejeter l’eau en excédent, de prélever celle qui est retenue, ou de vidanger l’ouvrage.
En Afrique du Nord, les barrages font partie des installations dont les traces ont été recherchées dès les premières explorations archéologiques, dans la perspective qui était alors celle d’une réactivation des techniques hydrauliques développées par les Romains. Les diverses enquêtes conduites en Algérie et en Tunisie n’ont pas manqué d’en relever les vestiges.
Il a donc paru intéressant, dans le cadre d’un programme de recherche consacré à l’eau dans les villes et les campagnes de l’Afrique du Nord (« EauMaghreb ») de l’Agence nationale de la recherche, de reprendre ce dossier pour tenter d’apprécier l’état des vestiges et ce que l’on peut savoir des techniques utilisées, sous le regard croisé des archéologues, des historiens et des géographes.
Mais il a également semblé pertinent, pour mieux dégager le caractère de ces aménagements dans le Maghreb antique, de les confronter à ceux d’autres régions dans lesquelles la situation est très favorable : la péninsule Ibérique, mais aussi la péninsule Arabique et les zones arides de Syrie, de Jordanie et d’Israël, qui comptent un grand nombre de barrages antiques ou proto-islamiques présentant une parenté évidente.
Dans ces régions en effet, une vingtaine de barrages, souvent très spectaculaires, sont situés dans le temps de manière précise grâce à une inscription de fondation qui donne une date ou fait mention d’un personnage connu. Ils offrent donc des repères chronologiques très précieux qui manquent ailleurs, notamment pour dater l’apparition de certaines innovations techniques et pour préciser les caractéristiques de ces ouvrages.
Le colloque avait donc rassemblé spécialistes du monde romain occidental, du Levant et de l’Arabie, dont ce volume présente les travaux.

Le colloque et sa publication ont été assurés avec la contribution de l’Agence nationale de la recherche (CSD9 – Sciences humaines et sociales Projet 07-BLAN-10372)