Les autorités religieuses entre charismes et hiérarchie. Approches comparatives

- Denise Aigle (éd.)
Turnhout, Brepols, 2011


Les autorités religieuses entre charismes et hiérarchie. Approches comparatives, D. Aigle (éd.), Turnhout, Brepols, 2011 (Miroir de l’Orient Musulman ; 1), 303 p.
ISBN : 978-2-503-53281-3

http://www.brepols.net/Pages/ShowProduct.aspx?prod_id=IS-9782503532813-1
Les relations entre autorité, fonctions, qualités et charismes personnels sont complexes pour les sciences religieuses. Cet ouvrage a pour objectif de réunir un certain nombre de contributions sur l’autorité religieuse en islam, dans plusieurs aires culturelles orientales et à différentes époques jusqu’à aujourd’hui, mais dans une perspective comparatiste avec d’autres religions ou systèmes de pensée. On a privilégié les univers religieux en contact avec l’islam, le christianisme oriental, le bouddhisme, l’hindouisme, le confucianisme, le taoïsme et le chamanisme. Dans toute religion, ou système de pensée, les détenteurs de l’autorité religieuse semblent occuper une place centrale dans la société. On a analysé le fondement de cette autorité en articulant la problématique, dans la mesure du possible, autour de deux pôles qui semblent souvent en tension : le charisme et la hiérarchie, religieuse ou politique.
Le prétendant au rang de chef charismatique doit se conformer à des modèles convenus. C’est la vox populi qui sanctionne sa reconnaissance en tant que tel. Le charisme postule, d’autre part, une personnalité hors du commun ainsi que des qualités spirituelles et électives. Le même type de tension parcourt, de façon inverse, un corps clérical organisé de façon hiérarchique. L’ordre dans lequel son chef est susceptible de s’insérer doit obéir à ses propres règles institutionnelles, voire bureaucratiques de cooptation et, aussi, tenir compte de la ferveur populaire susceptible de contrarier cette logique institutionnelle interne. À travers des études de cas, les auteurs des contributions ici réunies examinent comment jouent ou non ces tensions qui peuvent tout aussi bien générer des crises que converger et concourir à la reproduction ou non d’un corps clérical dans des contextes de profonds changements sociaux.

Denise Aigle est directrice d’études à l’École Pratique des Hautes Études (Sciences religieuses) et membre statutaires de l’UMR « Orient et Méditerranée (laboratoire Islam médiéval) » du CNRS. Spécialiste de l’Orient musulman médiéval, elle s’intéresse particulièrement aux contacts entre religions et aux systèmes de représentation, en particulier à l’époque mongole. Elle est l’auteur de nombreux articles et ouvrages. Parmi les plus récents : Le Fārs sous la domination mongole (XIIIe-XIVe s.). Politique et fiscalité, Leuven, Peeters, 2005 ; Miracle et karāma. Hagiographies médiévales comparées 2, D. Aigle (dir.), Turnhout, Brepols 2000 ; Figures mythiques des mondes musulmans, D. Aigle (dir .), Revue des Mondes Musulmans et de la Méditerranée, vol. 89-90, 2000 ; Les relations diplomatiques entre le monde musulman et l’Occident latin, D. Aigle et P. Buresi (dir.), Oriente moderno, vol. LXXXVI/1, 2008.