Projet transversal

Écriture, pouvoir et légitimité

- Responsable : Carole Roche-Hawley


Contact : Carole Roche-Hawley

Les systèmes d’écriture empruntent diverses voies : écriture monumentale, écriture usuelle, « cursive », ou encore cryptique. Le projet présenté ici se propose d’explorer ces trois aspects de l’écriture et l’usage politique ou culturel qui en est fait.

L’écriture monumentale est parfois archaïsante ou conservatrice. On peut dès lors s’interroger sur la période à laquelle ceux qui les ont utilisées faisaient référence, quelle connaissance réelle avaient les anciens du développement de leur écriture et quelle est la part d’historicité (basée sur un véritable savoir transmis) ou de fantaisie archaïsante ? Et comment se faisait la transmission de ce savoir si tel est le cas ? Enfin, on peut penser que le but de ce choix d’une écriture archaïsante était de prêter une autorité au texte véhiculé, le rendant vénérable et légitime. Est-ce bien le cas ? Pouvait-il y avoir d’autres motivations ?
À certaines périodes c’est, au contraire, une écriture « moderne », ou une forme cursive, qui est choisie pour des inscriptions monumentales, des manuscrits formels ou encore la glyptique. Nous tenterons d’étudier certains de ces choix et la façon dont ils ont pu être perçus.

Parfois, ce sont de nouvelles écritures ou de nouvelles normes qui s’imposent (même très brièvement) donnant elles aussi une certaine légitimité (affirmation d’une identité, d’une différence, etc.).
Ces innovations techniques sont présentées ou même commanditées par certains pouvoirs en place et en partie favorisée par les érudits locaux. Il conviendra de déterminer suivant quels processus ces nouvelles écritures sont imposées, qu’elles constituent de nouvelles voies ou des impasses.

Enfin, le troisième volet qui sera développé est – au contraire d’une écriture monumentale particulièrement visible ou d’une écriture identitaire – l’emploi d’écritures cryptiques, codes, etc. dans le but de restreindre le nombre d’initiés ou tout simplement afin de faciliter la communication entre spécialistes avertis.

Séminaire de recherche qui a lieu dans les locaux du CNRS,
délégation Paris A, Ivry (14h-16h).

  • 7 février 2014
    Présentation du projet.
  • 11 avril 2014
    Thèmes développés lors de la séance : « Les écritures des noms divins » (paléo-hébreu : M. Gorea ; et cunéiforme : C. Roche-Hawley) ; « Archaïsme et archaïque : problèmes de datation » (monde cunéiforme hittite : A. Mouton) et « Savoir paléographique » (monde cunéiforme : A. Mouton et C. Roche-Hawley).
  • 6 juin 2014
    Deux conférences : R. Hawley « Alphabet, littérature et identité en Méditerranée à l’âge du Bronze » et C. Roche-Hawley « Les références à l’antique dans l’écriture mésopotamienne ».
  • 7 novembre 2014
    C. Apicella et J. Daccache : « Fond et forme : la présentation des inscriptions phéniciennes dans un milieu hellénistique »
  • 16 janvier 2015
    F. Briquel-Chatonnet : « Les écritures syriaques, réflexions sur leur répartition et leur statut ».
  • 13 mars 2015
  • Iwona Gajda : "De l’alphabet à l’abugida en Éthiopie "
  • 19 juin 2015
    Chloé Ragazzoli : « ‘hiératique monumental’ et statut de scribes en Égypte ancienne au Nouvel Empire »

Colloque international

Valorisation :

En préparation

  • Ouvrage collectif : Écriture, pouvoir et légitimité.
  • Article ou ouvrage collectif : Marquer une différence : le traitement des noms divins.