Rencontres scientifiques d’Antiquité Classique et Tardive (21 octobre 2015)

- Mercredi 21 octobre 2015
de 17h à 19h
Collège de France, salle Lévi-Strauss
52, rue du Cardinal Lemoine, 75005 Paris


Programme :


Résumé
Numénius, platonicien pythagorisant du IIe siècle, est devenu célèbre dans la critique moderne essentiellement pour deux passages de son œuvre : le premier (fr. 1 des Places), qui, par son invocation à la théologie des nations « de renom » en vue de confirmer une interprétation de Platon, a conduit à faire de lui un « orientaliste », voire un sémite ou un Juif ; le second, (fr. 2 des Places) qui, par son recours à une expérience imaginative à teneur quasi mystique, a contribué à confirmer que Plotin, sinon plagiait son prédécesseur, du moins lui empruntait assurément. En invitant d’abord à partager l’expérience proposée dans ce second texte, et ce dans sa spécificité qui la distingue de celle inaugurée par Plotin, Fabienne Jourdan conduit à découvrir la philosophie (ou théologie) de Numénius comme aspiration à déterminer ce qu’est le Bien ou premier dieu, identifié à l’être suprême au sens de l’être par excellence. Ce faisant, elle montre en Numénius un platonicien fidèle aux tendances de son époque plutôt qu’un syncrétiste passionné d’Orient. Elle explique ensuite comment, pour saisir sa doctrine, le lecteur doit reconstituer l’œuvre de Numénius parvenue seulement de manière fragmentaire. Par contraste avec les éditeurs précédents, elle insiste à cette fin sur l’importance à accorder aux différents contextes dans lesquels sont transmis fragments et témoignages (qu’il convient eux-mêmes de distinguer). Leur étude, tout comme une attention nouvelle portée à la lettre des textes, doit permettre d’éviter les jugements précipités qui font trop rapidement de Numénius un prédécesseur ou héritier des gnostiques, notamment sur la question de l’origine du mal.


  • Paul-Hubert POIRIER, Professeur à l’Université Laval, Membre de l’Institut : « POLÉMIQUE ANTIMANICHÉENNE ET CONTROVERSE THÉOLOGIQUE : LES COMBATS D’UN ÉVÊQUE DU IVE SIÈCLE, TITUS DE BOSTRA »

Résumé
Titus, évêque de Bostra (fl. 362-378), dans la province romaine d’Arabie, est surtout connu par la monumentale réfutation philosophique et scripturaire du manichéisme, qu’il rédigea entre 361 et 364. Bien qu’il ne semble pas y avoir joué un rôle prépondérant, Titus de Bostra prit également part aux controverses théologiques et ecclésiales qui faisaient rage dans la seconde moitié du IVe siècle. Dans cette communication, nous essaierons de préciser sa “posture” théologique sur la base des quelques indices dont nous disposons, tirés du Contre les manichéens et des Homélies sur Luc de Titus, et de l’Histoire ecclésiastique de Socrate de Constantinople. Nous ferons également appel au témoignage de ses contemporains, Basile de Césarée, Grégoire de Nazianze et Grégoire de Nysse. Il ressort de cet examen que, sur le plan de la doctrine trinitaire, l’évêque de Bostra devait partager les convictions théologiques de ceux de ses contemporains – notamment Basile de Césarée –, qui, tout en affirmant la pleine divinité du Fils et son égalité avec le Père, travaillaient à rétablir la paix dans les Églises.


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