Note d’information à l’AIBL

« Le commentaire au Serment d’Hippocrate attribué à Galien retrouvé dans un manuscrit arabe du haut Moyen Âge »

- Vendredi 5 février 2016 à 15h30 précises
Institut de France - 23, Quai de Conti - Paris 6e




Note d’information de Mme Caroline Magdelaine, maître de conférences à l’Université Paris-Sorbonne, et de M. Jean-Michel Mouton, directeur d’études à l’École pratique des hautes Études, sous le patronage de MM. Jacques JOUANNA et François DÉROCHE

Si les sources grecques et latines ignorent tout d’un Commentaire au Serment d’Hippocrate rédigé par Galien, il n’en est pas de même dans le monde arabe : le grand traducteur nestorien du IXe siècle, Ḥunayn b. Ishāq, lui consacre une notice dans sa Risāla, au même titre qu’aux autres commentaires galéniques, et ce texte semble y avoir connu une certaine notoriété si l’on en juge par les citations qu’on en trouve chez Sa‘id b. al-Bitrīq, al-Birūnī et surtout Ibn Abī Usaybi‘a, réunies en 1956 par F. Rosenthal. Depuis, d’autres fragments ont été identifiés, mais toujours par le biais de citations chez des auteurs arabes médiévaux. Cette communication se propose de présenter une découverte récente, celle d’un manuscrit inédit originaire de la Grande Mosquée de Damas, qui transmet des passages totalement nouveaux de ce Commentaire au Serment  : tandis que les citations connues jusqu’à présent portent essentiellement sur le début du traité, les douze feuillets retrouvés, malheureusement fragmentaires, donnent la fin du texte, à savoir la partie déontologique du Serment, selon une organisation en tous points conforme à la notice de la Risāla, avec à chaque fois les lemmes hippocratiques suivis du commentaire attribué à Galien et de remarques de Ḥunayn b. Ishāq. L’analyse paléographique et codicologique du manuscrit précisera le milieu dans lequel il a été copié et la date à laquelle on peut le situer, au sein de l’école de traducteurs nestoriens qui s’était constituée autour de Ḥunayn b. Ishaq et à laquelle il se rattache indéniablement. On insistera enfin sur la singularité de ce témoin, premier manuscrit représentant la tradition directe de ce commentaire, mais aussi sur les incertitudes qui demeurent, à l’aide de quelques exemples pris dans les nouveaux passages qu’il nous transmet.