Colloque international

Repenser l’œuvre antique. Textes à plusieurs mains et transmission plurielle

- Vendredi 9 et Samedi 10 juin 2017
Maison de la recherche
28, rue Serpente 75006 Paris
Vendredi : salle D 040
Samedi : salle D 223


ORGANISATEURS
Meredith Danezan, Université Paris-Sorbonne / Labex RESMED
Arnaud Perrot, Université Paris-Sorbonne

PARTENAIRES
UMR 8167 Orient et Méditerranée
Laboratoire Antiquité classique et tardive
École Doctorale I
Fonds d’Intervention pour la Recherche

On se fait du texte antique, tel qu’il est nous est transmis, une idée simple : il est la reproduction aussi fidèle que possible d’un archétype conçu par l’auteur. Lorsque nous lisons une œuvre antique, nous espérons, par une édition critique qui fait le départ entre la leçon fautive et la leçon d’auteur, lire le texte dans une version proche de celle qui avait été élaborée par le père de l’ouvrage. Les problèmes de la transmission des textes ne seraient que des accidents dans la vie du texte, qu’on les explique par la maladresse des copistes, par la dégradation du support matériel, par des lecteurs interventionnistes trahissant, à la marge, la vocation naturelle de la copie. Mais la transmission des textes antiques est bien plus complexe que cela.

Cette rencontre souhaite explorer la notion de tradition textuelle comme processus actif, qui remet en cause l’intégrité du texte, l’unicité de l’auteur et le caractère de paradigme normatif de l’œuvre reçue. La notion d’œuvre elle-même s’en trouve altérée, ou plutôt doit être repensée en termes de pluralité textuelle, qui n’est pas soluble dans un stemma codicum, en particulier pour les textes qui ont fait l’objet d’éditions multiples, de réécritures, de réductions, d’amplifications, de raboutages, d’enrichissements successifs.

La question de l’édition de ces textes, et de la forme qu’une telle entreprise peut, ou doit prendre est posée : faut-il adopter une forme « diplomatique », qui risque d’unifier artificiellement le divers, ou juxtaposer des états textuels qui ont chacun leur valeur propre ? S’ils constituent un problème pour le philologue, ces types de texte n’en sont pas pour autant dépourvus d’intérêts, même littéraire. Il appartient à une nouvelle philologie d’apprécier le mouvement et l’écart entre les différentes traditions d’un texte, qui ne sont pas forcément des trahisons de son esprit, de mettre en évidence le rôle des éditeurs antiques dans ce processus, et de comprendre leur rapport au texte. Il convient également de voir comment, dans des genres différents, des phénomènes de tradition active peuvent s’exprimer.

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Programme : Repenser l’oeuvre antique
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