Écriture et idéologies

Françoise BRIQUEL-CHATONNET, Robert HAWLEY et Carole ROCHE-HAWLEY


Page créée le 9 décembre 2017

L’écriture, qu’elle soit monumentale ou quotidienne, se fait souvent identitaire, porteuse de symbole et devient un outil visuel de propagande.

En Babylonie, l’écriture monumentale est traditionnellement archaïsante aux IIe et Ier millénaires av. J.-C. Cet usage s’est répandu au Proche-Orient « cunéiforme », du Levant à l’Élam. À partir du XIVe s., l’Assyrie marque sa différence dans la mise au point d’une nouvelle écriture monumentale, outil d’affichage des nouvelles ambitions de rois assyriens. Parallèlement, au XIIIe siècle, un alphabet cunéiforme apparaît à Ougarit : le sceau du roi revendique cette nouvelle écriture et les mythes locaux sont mis par écrit dans cette nouvelle écriture et la langue locale.

L’affichage identitaire des écritures est un sujet bien représenté dans les usages des écritures alphabétiques au Proche-Orient à la fin du IIe et dans le courant du Ier millénaire. Il est manifeste dans les textes en alphabet cunéiforme à Ougarit au XIIIe s., mais aussi dans les inscriptions phéniciennes et araméennes.