Colloque international

De Bagdad à Constantinople : le transfert des savoirs médicaux (XIe-XVe s.)

- 24 et 25 mai 2018
Université de Reims Champagne-Ardenne et Bibliothèque Carnegie
Organisé par Marie Cronier, Alessia Guardasole et Antoine Pietrobelli


Dans le récit occidental de la translatio studiorum, on ne prête souvent aux Byzantins qu’un rôle limité : ils ont copié et préservé les textes grecs de l’Antiquité dans leur langue originale. Ils sont restés en marge du vaste mouvement de traduction qui a véhiculé les savoirs d’une rive à l’autre de la Méditerranée à mesure que se déplaçaient les centres du pouvoir. Les études récentes ont approfondi les modalités de ces triples (grec-syriaque-arabe) puis doubles traductions (grec-latin, arabe-latin, arabe-hébreu) et permis de préciser le contexte culturel de leur production dans lesquels elles avaient été commanditées. Cette nouvelle cartographie des voies de transmission du savoir invite à réexaminer l’attitude des Byzantins face à ce phénomène dont ils furent contemporains.
Entre le XIe et le XVe siècle, les savants byzantins ne se sont pas contentés de perpétuer l’héritage hellénique et patristique, ils ont aussi emprunté à leurs voisins arabes, persans, turcs ou latins des textes et des savoirs de leur temps. Pour le XIe siècle, on peut citer le cas de Syméon Seth traducteur de Kalila wa Dimna, le chef-d’œuvre de la littérature arabe. À la fin du XIIIe siècle, Maxime Planude a traduit Ovide, Macrobe ou Boèce en grec byzantin, afin de rendre accessibles aux hellénophones les grands textes littéraires du cursus latin.
Dans le domaine de la médecine, ces échanges furent particulièrement féconds. Comme les Latins, les Byzantins ont reconnu les progrès de la science arabe et ils ont éprouvé le besoin d’importer ces nouveautés scientifiques. Ce phénomène mal connu se manifeste sous différentes formes : ambassades, séjours d’études en terre d’islam, importation de produits pharmacologiques, constitution de lexiques botaniques, traductions ou adaptations de textes arabes et persans (uroscopie, sphygmologie, botanique, diététique, pharmacologie, etc.).

Ce colloque se propose de mieux cerner les contours de ce mouvement d’hybridation culturelle. Il existe dans les manuscrits de nombreux textes parfois encore inédits qui se donnent comme des traductions de l’arabe, du syriaque ou du persan. Que contiennent ces textes ? Qui en furent les traducteurs ? Quels auteurs arabes ou quels types de textes ont-ils privilégiés ? Quelles méthodes ont-ils utilisées ? Quels rôles ont joués les lexiques botaniques bilingues ou trilingues ? De manière plus diffuse, on peut aussi déceler les emprunts moins explicites à des théories arabes dans les traités médicaux byzantins.
La rencontre scientifique aura lieu à Reims, les 24 et 25 mai 2018 et elle réunira des spécialistes de différents domaines linguistiques, philologues et historiens pour explorer ce versant négligé de l’histoire de la médecine et des échanges culturels en Méditerranée orientale.

Vous pouvez consulter :
- le programme
- l’affiche définitifs du colloque.

Responsables scientifiques :

Marie CRONIER (CNRS, IRHT)
marie.cronier@irht.cnrs.fr
Alessia GUARDASOLE (CNRS, UMR 8167 « Orient et Méditerranée)
aguardasole@gmail.com
Antoine PIETROBELLI (Université de Reims Champagne-Ardenne/IUF)
antoine.pietrobelli@gmail.com