Ve journée du Groupe de recherches transversales en paléographie (GRTP)

L’illisible volontaire en paléographie

- 7 décembre 2018 10h00-17h00
Collège de France - salle 2
11, place Marcelin-Berthelot
75005 Paris


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Tablette funéraire vietnamienne de 1667 où le nom du dédicataire de la donation est écrit en caractères tassés les uns dans les autres jusqu’à en devenir très difficilement lisibles. L’illisibilité relative est bien sûr un fait exprès : il fallait à la fois cacher l’identité du mort, ou plutôt cacher son nom qui en est l’emblème, et l’inscrire sur la tablette afin de la porter à la connaissance des divinités. Son nom est donc écrit sans être écrit : il est codé, c’est-à-dire partiellement connaissable.

organisée par
Jean-Luc Fournet – Collège de France
Judith Olszowy-Schlanger – EPHE
Marc Smith – ENC, EPHE
dans le cadre de PSL Scripta

avec le soutien du Collège de France

Le Groupe de recherches transversales en paléographie (GRTP), qui a pour vocation de développer une approche transdisciplinaire de la paléographie, vous invite à participer à une nouvelle journée d’études et de discussions. Après nous être intéressés au paramètre chronologique et spatial dans la formation, le développement et la diversification des écritures, aux rapports entre types, styles et mains et au di-/polygraphisme, nous proposons une réflexion sur l’illisibilité en paléographie.

Si l’écriture a pour but de propager l’information et la cryptographie de la circonscrire, il existe aussi des graphies intermédiaires qui, ni limpides, ni codées, sont délibérément conçues pour n’être accessibles qu’avec difficulté. Les textes sont alors tracés dans une écriture volontairement difforme, aberrante ou exagérément stylisée, qui ne les rend accessibles qu’à une catégorie limitée de lecteurs. Quelle est la finalité de ces écritures volontairement illisibles ? Quelles sont les méthodes et les intentions des scripteurs qui expriment en même temps qu’ils dissimulent ? Telles sont quelques-unes des questions que se poseront, chacun dans sa spécialité, les intervenants de cette Ve journée d’étude du GRTP.

- Programme :

10h00-12h30

  • Andréas STAUDER, EPHE
    « La célébration des signes : pratiques de l’écriture énigmatique en Égypte ancienne »
  • Jean-Luc FOURNET, Collège de France, EPHE
    « Quelques cas d’écritures (presque) illisibles dans les papyrus grecs et latins »
  • Naïm VANTHIEGHEM, CNRS, IRHT
    « Les reçus de taxe arabes, des grimoires hermétiques ? »

14h00-17h00

  • Yael BARUKH, Université hébraïque de Jérusalem
    « Tugra et Hanfusa : illisibilité stylisée des signatures des sultans et rabbins dans l’Empire Ottoman »
  • Judith OLSZOWY-SCHLANGER, EPHE
    « Le confort de lecture, est-il indispensable ? Les écritures hébraïques à la mise en page et écriture compliquée »
  • Philippe PAPIN, EPHE
    « Cacher son nom mais l’écrire : tabous graphiques, torsion des écritures et prétérition rhétorique dans le Vietnam ancien »
  • Marc SMITH, ENC, EPHE
    « Écritures extrêmes : l’illisible latin aux limites de l’oeil et de la main »
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Testament grec de 570 qui est précédé d’une espèce d’estampille (appelée « protocole ») en caractères délibérément allongés et stylisés jusqu’à en devenir indéchiffrables.