Conférence au Louvre

L’Éthiopie et l’Arabie du Sud dans l’Antiquité. Du royaume de Sabaʾ jusqu’à l’époque aksumite

- 13 décembre 2018 à 12h30
Auditorium du Louvre, sous la pyramide
Conférence d’Iwona GADJA


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Fouilles sur le site aksumite de Wakariga dans la région du Tigray en Ethiopie (IVe-VIIe siècles de notre ère)























Les recherches sur les civilisations de l’Éthiopie ancienne sont le but de la mission franco-éthiopienne. Les fouilles sur le site de Wakarida menées depuis 2011 ont permis de découvrir les vestiges d’une petite ville d’époque aksumite (4e-7e s. de notre ère).

Aux débuts de son histoire, la civilisation de l’Éthiopie était apparentée à celle de l’Arabie du Sud. Aux 9e- 8e siècles avant notre ère les premières constructions monumentales apparaissent sur le territoire englobant le nord de l’actuelle Éthiopie et l’Érythrée. Dès la fin du 8e siècle des inscriptions en écriture alphabétique et en langue sabéenne, très proches de celles utilisées en Arabie du Sud, sont gravées dans les temples. Les souverains utilisent le titre de mukarrib, comme ceux du royaume de Sabaʾ de l’autre côté de la mer Rouge mais ils portent des noms locaux. La parenté de ces civilisations était-elle le résultat d’une colonisation de l’Éthiopie par l’Arabie du Sud ou d’une appropriation de la culture voisine par les élites locales ? Cette première civilisation éthiopienne, dont la naissance était liée à l’essor du commerce de longue distance, semble s’éteindre vers le milieu du 1er millénaire avant notre ère.
Vers le tournant de l’ère, une nouvelle entité apparaît, le royaume d’Aksum. Mentionné dans les sources classiques dès le 1er siècle de notre ère, Aksum atteint son apogée entre le 3e et le 6e siècles. Les stèles monumentales de plusieurs mètres de hauteur, les tombeaux, les complexes palatiaux, les églises montrent la puissance des rois d’Aksum et leur richesse due aussi au commerce. Situé sur la voie commerciale reliant l’Empire romain et la Méditerranée à l’Inde, le royaume d’Aksum a su tirer profit du développement de la navigation sur l’océan Indien. Dès le 3e siècle, ses rois frappent monnaie, en or et en argent, et transforment l’ancienne écriture alphabétique en syllabaire.

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