Projet transversal

Tribus et espaces tribaux dans les mondes antiques et médiévaux

- Responsables : Jean-Pierre Van Staevel (Islam médiéval) et Laïla Nehmé (Mondes sémitiques).


La majorité des équipes qui composent l’UMR Orient & Méditerranée ont des problématiques de recherche dans lesquelles une place peut être faite à une réflexion transversale sur la notion de tribu, groupe social dont les membres ont les uns avec les autres des liens principalement familiaux et les uns envers les autres des droits, des devoirs et des obligations divers ; ordre politique également, plus ou moins complexe, doté à ce titre d’institutions propres. L’existence de groupes ainsi définis s’inscrit dans des espaces ou des territoires divers (déserts, oasis, villes, campagnes etc.) et elle est perçue dans les sources, le plus souvent textuelles et épigraphiques, plus difficilement archéologiques, de manière différente selon les lieux et les époques.

Le thème de recherche transversal proposé vise à comprendre comment, de l’Antiquité au Moyen Âge compris et dans les régions sur lesquelles portent les recherches des membres de l’UMR, les tribus ou ce qui est perçu comme tel, gèrent leur espace de vie, l’investissent, le structurent et le transmettent, ou encore comment elles se diluent dans des espaces qui ne leur appartiennent pas ou plus.

Cet axe de recherche sera développé dans le cadre de trois ateliers annuels d’une demi-journée chacun portant sur une problématique précise définie à l’avance. Entre deux et quatre communications seront présentées au cours de chacun de ces ateliers, dont les débats et discussions seront animés par un modérateur. Selon les cas, les communications pourront être proposées pour publication à une revue dans le cadre d’un dossier thématique.

Les trois premières problématiques choisies sont présentées brièvement ci-dessous :

  • Définition et lexicographie
    Ce premier thème doit permettre de définir ce qu’est une tribu dans les grands domaines de recherche de l’UMR : quand cette notion apparaît-elle ? Existe-t-elle partout ? Quelles réalités recouvre-t-elle ? Trouve-t-on des tribus dans les mondes égyptien, hittite, akkadien, grec, etc. et comment se définissent-elles ? Quelles sont les limites de l’approche anthropologique pour l’étude des tribus anciennes ? À quels champs lexicaux la notion de tribu fait-elle appel ? Cet atelier combinera au moins trois approches : historique, linguistique et anthropologique.
  • Approche archéologique de la tribu
    En précisant les apports de l’archéologie et/ou de l’épigraphie, le deuxième atelier entend interroger les vestiges matériels et notamment mesurer leur capacité à rendre compte de l’existence, sur un terrain donné, d’une organisation socio-politique de type tribal. Plusieurs dimensions pourront être prises en compte dans cette perspective : l’inscription territoriale, au moyen de parcours ou de marqueurs physiques (bornes ?, inscriptions, nécropoles) ; les pratiques rituelles (pèlerinages, sacrifices et agapes, etc.) ; les échanges économiques, à l’intérieur du territoire tribal ou entre celui-ci et les territoires environnants ou ‘extérieurs’, qu’ils soient tribaux ou non. D’autres approches émergeront sans doute au fil des discussions.
  • La tribu et la ville
    Le troisième thème envisage deux entités souvent considérées, de manière réductrice ou trompeuse, comme antithétiques : la tribu et la ville. En proposant d’explorer, par les études textuelles, l’épigraphie et l’archéologie, la dimension tribale des sites urbains antiques et médiévaux, l’atelier privilégiera l’étude de l’insertion (ou de la dilution) des appartenances tribales dans la stratification sociale et le mode de division du travail propres au milieu urbain, celle des expressions symboliques et matérielles du pouvoir tribal, et celle enfin de son incidence éventuelle sur la dynamique des paysages urbains.

- Journées d’études  :

- Vendredi 7 juin 2019 : Tribus et espaces