Émission sur France Culture

Une icône maronite au Petit Palais, avec Raphaëlle Ziadé

- Dimanche 13 décembre 2020 à 8H07
Raphaelle Ziadé est l’invitée de Sébastien de Courtois dans l’émission "Chrétiens d’ Orient" sur France Culture


Pour écouter l’émission : https://www.franceculture.fr/emissions/chretiens-dorient/une-icone-maronite-au-petit-palais-avec-raphaelle-ziade

Une icône maronite de la Dormition de très grande taille révolutionne l’histoire de l’art du Levant. Elle date du début du XVIe siècle. Il y a deux donateurs, des maronites franciscains…

Cette œuvre restaurée constitue une nouveauté́ pour la connaissance du patrimoine des chrétiens d’Orient et en particulier des Maronites, catholiques orientaux rattachés à Rome au Moyen-Âge. L’icône s’inscrit dans la continuité des fresques médiévales de style byzantin qui ornent nombre de chapelles et d’églises au Liban, tout en restant la seule icône connue pour le début du XVIe siècle, moment où la région passe sous le pouvoir des Turcs ottomans.

La fête de la Dormition commémore la mort de la Vierge, célébrée le 15 août. Elle procède de la croyance ancienne selon laquelle la Vierge, conçue sans péché, a échappé au tombeau en montant directement au ciel à sa mort. Le Christ, placé au centre dans une mandorle peuplée d’anges, reçoit l’âme de sa mère, représentée sous la forme d’un bébé emmailloté. La Vierge repose sur son lit mortuaire entourée de Saint-Pierre, à gauche, qui encense son corps tandis que Saint-Paul, à droite, se prosterne à ses pieds. Ils sont entourés d’apôtres et d’évêques, réunis pour la déploration. En bas, à gauche des donateurs, l’ange Gabriel tranche les mains de Jéphonias, un habitant de Jérusalem qui avait tenté de profaner la dépouille.

L’une des clés de l’icône est la grande inscription en syriaque et garshouni (arabe en caractère syriaque) qui accompagne les deux donateurs représentés en bas à droite. Une lecture sous lumière UV a permis d’établir que la date mentionnée est 1523. Cette date est tout à fait remarquable car l’on ne connaissait pas jusqu’ici d’icônes peintes au Liban de cette période, cet art s’étant interrompu dans la région entre le XIIIe et le XVIIe siècle.