L’Arabie à la veille de l’Islam

Jérémie SCHIETTECATTE et Christian ROBIN (éd.)

L’Arabie à la veille de l’Islam, bilan clinique : Actes de la table ronde,
Édités par Jérémie SCHIETTECATTE
en collaboration avec Christian Julien ROBIN
Orient & Méditerranée, n°3, Editions DE BOCCARD, Paris, 2009, 315 pages
ISBN 978-2-7018-0256-5

Table des matières

Présentation

Pour les sources arabo-islamiques, l’Arabie d’avant l’Islam — période dénommée Jāhiliyya (“ignorance” des lumières de la vraie foi) — est misérable, isolée, vouée à l’anarchie. C’est le pays “du sable et des puces”.
Or, les sites antiques donnent une image bien différente. De grandes villes furent fondées en Arabie du Nord, sur les rives du golfe Persique ou dans l’antique Yémen. L’une d’elles, Taymâ’, fut même la résidence du roi babylonien Nabonide vers le milieu du VIe s. avant l’ère chrétienne. Une autre, Maʾrib, était au centre d’une vaste palmeraie qu’alimentait en eau l’un des plus longs barrages de l’ancien monde.

Entre ces deux visions, celle d’une Arabie pitoyable et celle d’une Arabie heureuse, qu’en était-il ? Archéologues, épigraphistes et historiens se réunissent ici pour dessiner les contours de la péninsule à la veille de l’Islam. Ils concilient et pondèrent ces deux visions à travers l’étude des productions épigraphiques d’Arabie du Nord et d’Arabie du Sud, des productions artistiques, du peuplement des sites majeurs de l’Arabie préislamique : Taymāʾ, Madāʾin Ṣāliḥ, Yathrib, al-Mulayḥa, Kush, Shabwa, Maʾrib, Ṣanʿāʾ...

Comme le suggère la vision traditionnelle de la Jāhiliyya, ils montrent que la plupart des villes d’Arabie sont sur le déclin après le IIIe siècle de l’ère chrétienne. Seuls quelques sites emblématiques survivent. La production épigraphique diminue fortement. Les émissions monétaires cessent. Mais à l’inverse, un empire se forme, une production artistique éclot. À la veille de l’Islam, il en résulte une situation contrastée, oscillant entre grandeur et décadence.