Colloque international

1930 - 2010 Commémoration du quatre-vingtième anniversaire du déchiffrement de l’alphabet cunéiforme de Ras Shamra - Ougarit

"Les écritures mises au jour sur le site antique d’Ougarit (Syrie) et leur déchiffrement"

- Jeudi 2 décembre 2010
Collège de France, 11, place Marcelin Berthelot - 75005 Paris
- Vendredi 3 décembre 2010
Institut de France, 23, quai de Conti - 75006 Paris


Colloque organisé par l’UMR 8167, en collaboration avec la section des Sciences religieuses de l’EPHE, le Collège de France et l’Académie des inscriptions et belles-lettres

Organisateurs : Pierre BORDREUIL, Maria Grazia MASETTI-ROUAULT, Hedwige ROUILLARD BONRAISIN
Secrétariat du colloque : Françoise ERNST-PRADAL
Programme provisoire du colloque

Ras Shamra – Ougarit 1930-2010

À l’automne 1930, les efforts conjugués de Hans Bauer, Edouard Dhorme et Charles Virolleaud aboutissaient au déchiffrement d’un nouveau système d’écriture cunéiforme alphabétique. Celui-ci avait été découvert sur des tablettes d’argile mises au jour à partir de 1929 à Ras Shamra près de Lattaquié, site archéologique de la côte syrienne, bientôt identifié avec la capitale du royaume d’Ougarit

Classée dans le groupe sémitique occidental, comme l’hébreu et l’arabe, la langue de ces textes donnait accès à une littérature mythologique et légendaire totalement inconnue jusque là. Les procédés stylistiques employés dénotent l’existence d’un fonds littéraire et culturel commun au monde sémitique occidental auquel appartient aussi la Bible.

Les fouilles archéologiques, qui se poursuivent encore aujourd’hui, ont livré plusieurs milliers de textes répartis en huit langues et notés au moyen de cinq systèmes d’écriture. L’histoire politique de ce royaume au XIIIe siècle av. J.-C., inséré entre les empires égyptien et hittite, est documentée par quelques trois mille textes suméro-akkadiens

Le colloque organisé pour le 80e anniversaire du déchiffrement de l’écriture ougaritique sera aussi l’occasion d’établir le status quaestionis des recherches contemporaines sur les cultures de la Méditerranée orientale à la fin de l’âge du Bronze et de réfléchir sur « l’invention » de cette nouvelle écriture, puis de son extinction après la chute d’Ougarit. Débat actuel s’il en est, à une époque profondément marquée par l’irruption de nouveaux moyens de communication et d’enregistrement du savoir et des informations. La problématique concerne essentiellement les raisons de la création et du développement de cette nouvelle écriture, alors qu’il existait déjà d’autres systèmes. On essaiera de définir et de mettre en évidence les conditions et les raisons d’une telle innovation non seulement à Ougarit, mais ailleurs en Méditerranée orientale.