Deir Sem’an et Qal’at Sem’an

Syrie

Coordonnées WGS84 : N 36° 19’ 51.81452’’ ; E 36° 50’ 34.46423’’

Directeur de la mission : Jean-Luc Biscop, ministère de la culture et de la communication

Principaux membres : Dominique Pieri, maître de conférences, Université de Paris I, Pierre-Marie Blanc, ingénieur de recherches au CNRS, Micheline Kurdy, architecte, Bertrand Riba, étudiant doctorant, Université de Paris IV, Michel Kazansky, chargé de recherches au CNRS, Agnès Vokaer, Université libre de Bruxelles, Henri Pottier, ingénieur,

Le site de Saint-Syméon-le-stylite près d’Alep (Qal’at Sem’an), le plus visité de Syrie après Palmyre et le Krak des Chevaliers, a été exploré dès le XVIIIe s. par des missions étrangères. Les premières fouilles archéologiques ont été conduites entre 1935 et 1939 par Daniel Krencker de l’université de Berlin.
La mission archéologique française a été initiée en 1980, sous la direction de Jean-Pierre Sodini, et s’est concentrée sur les édifices majeurs du sanctuaire : église martyriale cruciforme, baptistère et porte monumentale.
La mission actuelle relancée en 2007 sur la base d’une convention pluriannuelle signée avec la direction générale des antiquités et des musées de Syrie, a élargi le périmètre d’étude au village antique de Télanissos et à tout le terroir environnant, grâce à l’apport des nouvelles technologies, et s’est fixée deux axes de recherche principaux :
l’architecture et le développement de type urbain du village d’une part
et la culture matérielle au temps du pèlerinage d’autre part, sans négliger pour autant d’autres sujets essentiels comme le paléo-environnement.
À la problématique purement scientifique de la convention a été jointe une rubrique, importante pour les autorités locales, concernant les échanges pédagogiques et professionnels engageant la mission à prendre en charge des étudiants ou à collaborer avec des cadres des services de l’administration archéologique.

La mission est portée par l’Unité Mixte de Recherche 8167 du CNRS, Orient et Méditerranée et a, au sein de la formation universitaire française, un lien privilégié avec l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne d’où provient la majorité des étudiants participants aux opérations archéologiques. Elle a établi des partenariats, parfois informels, avec d’autres centres d’enseignement et de recherche : l’École Nationale des Sciences Géographiques (IGN) et l’École Supérieure de Géomètres Topographes pour les questions relatives à la géodésie et la topométrie, l’UMR 694, modèles et simulations pour l’architecture, l’urbanisme et le paysage, pour la construction de maquettes virtuelles. Ces laboratoires ont apporté à la mission une expertise précieuse et mis à disposition des machines performantes (stations totales, GPS, radiomètre à balayage 3D). L’Institut français du Proche-Orient ainsi que l’UMR 7041, Archéologie et Sciences de l’Antiquité apportent également leur soutien à la mission.

Les fouilles ont porté sur les boutiques voisines de l’arc triomphal, à l’entrée du site, et les thermes découverts en 2004 et ont permis de mettre au jour un mobilier archéologique abondant dans une stratigraphie liée à une chronologie resserrée entre les Ve et VIIe s, renouvelant les questions d’interprétation en termes d’usage et de pérennité de ces espaces. Presque tous les bâtiments importants du sanctuaire et du village ont été relevés avec les scanners 3D dans la perspective d’une modélisation générale.
Conformément à l’accord de coopération, des étudiants archéologues syriens ont été intégrés au sein des équipes de fouille et des architectes et topographes formés par l’Université syrienne ont été associés aux opérations de mesures topométriques ou les ont même conduites. La mission est également associée à la formation spécialisée des architectes du patrimoine (Chaillot-Damas) en offrant aux élèves la possibilité de porter un regard critique sur les questions de conservation et de mise en valeur de leurs propres sites et monuments. Enfin, la mission a participé, pour la partie documentaire, à la constitution du dossier de demande d’inscription des sites antiques du nord de la Syrie, dont Saint-Syméon est figure de proue, sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO.

Financement : MAEE, commission des fouilles ; CNRS, UMR 8167, Orient et Méditerranée ; ministère de la culture et de la communication ; IFPO ; contribution par apport d’expertise et mise à disposition d’appareils de mesure : MAP, UMR 694 ; ENSG (IGN).

Liens autres sites :
Reportage TF1, JT 20h du 18/08/2010

site IFPO