Note d’information à l’Académie des inscriptions et belles-lettres

Présence de Byzance : le monde byzantin et l’historiographie française. À propos d’un ouvrage récent

de Cécile Morrisson

- Vendredi 13 janvier 2012
à 15h30
Académie des inscriptions et belles-lettres
Institut de France - 23, quai Conti - 75270 Paris Cedex 06
Tél. : 01 44 41 43 10 - Fax : 01 44 41 43 11


À l’occasion de la sortie du dernier volume consacré à l’histoire de Byzance (1204-1453) dans la collection la Nouvelle Clio (Presses Universitaires de France, 2011), son éditeur revient sur la conception de cette série de trois livres couvrant Le monde byzantin de la fondation de Constantinople en 330 à 1453, dûs à une équipe d’universitaires, pour la plupart héritiers intellectuels du fondateur de la collection, Paul Lemerle. Elle évoque les avancées auxquels ils ont contribué dans l’élargissement du champ documentaire : publications des documents d’archives grecs du mont Athos, mais aussi des documents italiens riches d’informations nouvelles sur la période tardive où les républiques maritimes dominent le commerce et la politique de la Méditerranée orientale, prospections et fouilles, recherches épigraphiques, numismatiques, sigillographiques et paléographiques.

Ayant comblé son retard d’autrefois sur l’historiographie de l’Occident médiéval, le byzantiniste d’aujourd’hui, dans cette nouvelle réflexion sur des sources plus nombreuses et plus diverses, s’efforce de rendre à Byzance sa présence dans les études médiévales. À cheval entre l’Ouest et l’Est, rejeté à tort depuis le XVIIIe siècle dans un ailleurs exotique et décadent, l’empire d’Orient, grec de langue et de culture, romain par ses lois et son administration, chrétien dès l’origine, n’est pas un archaïsme complexe, obscur, dogmatique et figé.

C’est une structure qui s’adapte pour survivre avec succès aux bouleversements du VIIe siècle jusqu’à retrouver aux XIe et XIIe siècles la prospérité antique, une puissance qui ne cesse d’intervenir dans les affaires italiennes et au-delà avant que les Croisades ne la brisent, une civilisation qui rayonne même (ou d’autant plus) lorsque le substrat politique et financier s’effondre. On insistera aujourd’hui sur sa convergence économique et démographique avec celle des espaces dits “européens”, sur les modèles et l’héritage intellectuel que nous lui devons. Sans celui-ci la culture classique telle qu’elle a fleuri de la Renaissance au XXe siècle ne serait pas ce qu’elle a été.

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