Préparation de manuscrits


Un lecteur, même s’il est intéressé, peut abandonner la lecture
si la présentation n’est pas agréable. Inversement, une présentation soignée
peut décider un lecteur réticent à prendre connaissance d’un document.
Car même s’ils s’en défendent, les lecteurs jugent d’abord un texte
par sa présentation, ensuite seulement ils jugeront de la qualité
de son contenu. […] Ils cherchent aussi à ce que la lecture leur soit facilitée.

[D. Gautier, 2003.]


Les règles typographiques font partie des normes éditoriales. Elles sont destinées à assurer l’harmonisation de la présentation d’un texte et à faciliter la lecture.
La typographie suivra les règles en vigueur dans la langue de l’article, à quelques exceptions près et hormis pour les références bibliographiques (cf. infra) comme à l’intérieur des citations.

Les normes appliquées suivent celles de l’Imprimerie nationale (Lexique des règles typographiques..., 2002).

Ponctuation (rappel grammatical)


La plupart des signes de ponctuation fonctionnent seuls, soit qu’ils ouvrent sur une idée / un exemple ( :), une suite d’idées /d’exemples ( ;), soit qu’ils terminent une phrase (. ! ?).
La virgule rythme une même phrase en séparant les différents éléments qui la constituent : il est recommandé de ne pas en abuser ; on évitera notamment d’inscrire une virgule avant une parenthèse, un tiret moyen d’incise ou un crochet ouvrants.

  • elle sépare de façon générale les éléments d’une énumération simple ou différentes propositions indépendantes ;
  • elle ne précède jamais la conjonction de coordination « et », même si celle-ci relie deux éléments introduits par une conjonction de coordination, à moins que ces derniers en soient séparés par une proposition indépendante ;
  • en revanche, elle séparera en général les propositions introduites par des prépositions, conjonctions ou locutions conjonctives du genre « dans », « avec », « depuis », « comme », « mais », « tandis que », etc.
    NB — la conjonction de coordination « et », par définition, coordonne deux éléments : elle n’est donc pas nécessaire avant les adverbes de coordination tels que « enfin », « puis » ; elle ne l’est pas non plus dans une comparaison énumérative introduite par « d’une part…, d’autre part… », « d’un côté…, de l’autre ».
  • dans les autres langues, la virgule s’utilise de manière similaire pour séparer les différents éléments qui constituent la phrase : en anglais, elle précède systématiquement la conjonction de coordination « and » lorsque les éléments sont constitués de propositions indépendantes ou sont introduits par une conjonction de coordination.

Ponctuation et espace insécable


Quelle que soit la langue utilisée, tout signe de ponctuation est collé au mot qui le précède et est suivi d’un espace normal.

  • sauf en français où les signes doubles (= : ; ! ? «  ») sont précédés d’un espace insécable (PC : ctl+maj+barre d’espace / Mac : alt+barre d’espace — noté °), qui évite un éventuel rejet du signe à la ligne suivante ;
  • on admettra par convention un espace insécable après toute incise commençant par un tiret moyen (—°…°—) et avant sa fermeture si celle-ci est nécessaire.
    NB — différencier le trait d’union - (entre deux mots) du tiret moyen d’incise —
  • Aucun espace n’est requis après un guillemet ouvrant dit anglais (“ ”), une parenthèse ou un crochet ouvrants — ni avant le guillemet anglais, la parenthèse ou le crochet fermants.

L’espace insécable


L’espace insécable s’utilise chaque fois que 2 éléments doivent former un tout :

  • après ou avant les chiffres lorsqu’ils sont liés aux mots ou abréviations qui précèdent ou qui suivent (p.°6, n.°7, l.°8, n°°9, fig.°10, 2°t., 14°ans, XXe°siècle, 2d°century°BC) ;
    de même entre le titre d’une revue ou d’une collection et son numéro ou volume, même s’il est précédé d’une virgule (Revue d’histoire et de philosophie religieuses,°80) ;
  • les nombres au-delà du millier et les unités métriques (5°000, 15°km, 16°m, etc.) ;
  • entre le point suivant l’/les initiale(s) du/des prénom(s) et le nom de famille qui suit (A.°Curtis ; J.°C.°de Moor) ;
  • les noms propres de personne suivis d’un n° dynastique (Ramsès°II), etc.
  • après le pronom « I° » anglais, le verbe « è° » italien ;
  • de préférence après cf.°, éd.°.

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Parenthèses, crochets, barre oblique


L’insertion d’une explication dans le corps d’une phrase peut apparaître entre parenthèses (...) ou entre tirets moyens — … —.
Dans le principe, l’explication que l’on insère entre des tirets n’interrompt pas sensiblement la construction syntaxique de la phrase principale (incise), à la différence de celle que l’on insère entre parenthèses.

  • Les parenthèses peuvent s’utiliser à l’intérieur des tirets moyens et inversement ;
  • les crochets droits [ ] remplacent les parenthèses à l’intérieur de parenthèses ( ).
  • le signe ) correspond à la fermeture d’une parenthèse : on préfèrera le slash ou barre oblique / dans une énumération numérotée (1/… ; a/…).

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Capitales et petites capitales


La capitale ne s’utilise guère en dehors des noms propres (et, bien sûr, en début de phrase, sauf en allemand) — les petites capitales restent de l’ordre de l’enrichissement.
Elles sont toujours accentuées (notamment en français, italien, espagnol).

  • Les titres développés d’une institution ne prennent de capitale qu’au terme initial (Centre national de la recherche scientifique ; École normale supérieure, etc.).
  • Les points cardinaux ne portent pas de majuscules en français sauf s’ils désignent une partie du monde.
  • Les noms de castes, partis, factions religieuses, politiques, etc. ne portent pas de majuscule (gnostiques, pharisiens, essémiens…).
  • Les sigles s’écrivent en majuscules sans points (CNRS et non C.N.R.S. ; EFR ; CIL).
  • En français, les siècles s’écrivent en chiffres romains et en petites capitales, les millénaires en capitales ;
    en italien et en espagnol, en capitales ;
    NB — l’anglais et l’allemand utilisent les chiffres arabes (4th century / 4. Jahr.).

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Abréviations


Dans le corps du texte, on évitera les abréviations : ne pas abréger notamment « siècle », « avant/après J. C. » ou « notre ère », à moins éventuellement que la mention soit entre parenthèses ou dans les notes (s. av./apr. J. C. ou n.è.) ;
on abrège en revanche en anglais BC et AD (sans points) et en italien a.C., d.C.
Les points cardinaux ne sont pas abrégés.
De même, on préfèrera inscrire les chiffres en toutes lettres en deça du centième, sauf pour les dimensions/surfaces, les âges, les dates.
En revanche, on abrègera

  • numéro en n°, en utilisant les caractères o et os en exposant et non le caractère ° (degré).
  • 2 ha (et non 2 ha.) ; 3,90 m (et non 3 m. 90).
  • les nombres ordinaux : en français 1re partie (et non 1ère ) ; 2e (et non 2ème) ; en anglais 1st ; 2d ; 3rd ; 4th ; etc. ;
  • les références et appels iconographiques dans le texte, entre parenthèses, avec initiale en minuscule (doc., p., fig., phot., tabl. / tav., etc.) ; en majuscule bien entendu pour l’allemand (S., Taff.) ;
    NB — si les autres langues l’admettent, le français évitera de doubler la lettre abrégée pour marquer le pluriel (p. et non pp., s. et non ss.).

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L’italique


L’italique s’utilise dans deux cas de figure :

  • les titres d’ouvrages et de revues (cf. infra) ;
  • les termes isolés et étrangers à la langue de l’article, y compris les translittérations — sauf s’ils sont d’un usage courant (en anglais, leitmotiv, mais least but not last, has been… ; en latin cf., etc., corpus…, mais ca., ibid., a contrario… — et pour les textes en anglais, i.e., e.g., ca. sont considérés comme d’usage courant).

- Les termes écrits en alphabet non latin (grec, syriaque, hébreu, arabe, etc.) resteront en caractères droits.
- Les mots ou expressions à distinguer ou souligner seront présentés en caractères droits entre les guillemets de second ordre en usage dans la langue utilisée (“ ” ou ‘ ’).


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Citations


Exception faite du latin et des translittérations, les citations ou traductions d’un texte source sont composées en romain (ou caractères droits) ;

  • lorsqu’elles sont courtes et/ou insérées dans le corps du texte, elles sont inscrites entre guillemets − exception faite du latin qui s’inscrit en italique (cf. supra) ;
  • lorsqu’elles sont longues, elles peuvent être détachées du corps du texte, dans un paragraphe en retrait, sans guillemets et deux corps en dessous du corps du texte (soit 10 points).

La citation sera retranscrite telle qu’elle apparaît dans l’ouvrage/document cité, avec ses propres normes typographiques, ses éventuelles incohérences pouvant être signalées par la locution « sic  » mise entre parenthèses.
Les coupures pratiquées dans les citations − en début, milieu ou fin −, de même que toute modification interne résultant de la coordination des temps, de la syntaxe, voire de commentaires, etc., sont indiquées entre crochets […].
Au sein d’une traduction, les locutions tirées du texte source sont indiquées entre parenthèses et, hormis pour les alphabets non latins, en italique :

  • “Sethe supports […] Gardiner’s higher introduction [of the Proto-Sinaitic inscriptions], to the end of the 12th dynasty, with a new argument…”
  • « Si j’entre dans la tente de ma maison (’ohel betî), … »
  • « Souviens-toi YHWN de David, et de tous ses gémissements (‘unnôtô) ! »

- Les guillemets ferment en général avant la ponctuation finale de la phrase, sauf lorsque la citation est détachée du texte par deux points ou lorsqu’elle compte plus d’une phrase :

  • Le passage dit : « Puisses-tu t’élancer de la main de Baal. »
  • Il remarque que son bord « est orné de petites arcades délicatement ajourées, simulant les festons retombant d’une nappe brodée. Dans le creux étaient incrustés des éléments en lapis-lazuli et en pâte de verre de différentes teintes. Scintillant de couleur, ce bord haut de 2,4 cm environ permettait de masquer la tranche du plateau. »
  • mais : l’un des termes désignant l’ennemi est dbb, « celui qui parle (en mauvaise part), celui qui accuse, celui qui attaque par la parole ».

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Appels de note


Les appels de note (en exposant) se placent − sauf en anglais − toujours avant le signe de ponctuation − y compris les points de suspension … − et sans espace :
- dans le cas de citations brèves ou incomplètes, on admettra, de manière générale, que l’appel de note soit placé après le guillemet fermant, la ponctuation le suivant ;
- il sera placé avant le guillemet fermant et le signe de ponctuation final dans le cas d’une citation complète :

  • Il faut distinguer cette phraséologie de celle de Dt 23, 15 où l’emploi de hithallek montre Dieu « déambulant dans un espace restreint… »1.
  • One has asserted, “we cannot seek an origin of literature in Palestine prior to the 8 th, or perhaps even better the 7th century”.3
  • « Souviens-toi YHWN de David, et de tous ses gémissements (‘unnôtô)1 ! »
  • Le passage dit : « Une voix crie dans le désert2… »
  • Winner concluded his survey as follows : “The [double] angle thus probably represents […] a general, standard […] sign, let alone a specific period3.”

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Références de note de bas de page


Deux systèmes de présentation des références bibliographiques peuvent être utilisés, à condition que ce soit le même pour un même volume :

  • le système « classique » intègre les références directement en note de bas de page
    P. Bordreuil, « Les trois alphabets cunéiformes du royaume polyglotte d’Ougarit », dans R. Viers (dir.), Des signes pictographiques à l’alphabet : la communication écrite en Méditerranée, Paris / Nice, 2000, p. 145-158.
  • le système « anglo-saxon » utilise une liste bibliographique présentée par ordre alphabétique des noms d’auteur, avec renvoi dans les notes sous la forme abrégée
    dans le cas de plusieurs publications du même auteur la même année, celle-ci est suivie successivement des lettres a, b, etc. entre parenthèses
    NB − chaque auteur placera sa propre bibliographie en fin d’article ; l’auteur d’un ouvrage individuel placera sa bibliographie en fin de volume.

- Dans une même note, si le même auteur est cité juste avant, il sera indiqué par Idem, abrégé Id., par convention en caractères droits et avec majuscule initiale ;

  • 39. Bordreuil 2005 (a), p. 101-114 ; Idem 2005 (b), p. 16-21.
    ou
  • 39. P. Bordreuil, « Moïse réformateur religieux », dans J. M. Michaud (dir.), La Bible et l’héritage d’Ougarit, Sherbrooke, 2005, p. 101-114 ; Idem, « La révolution monothéiste et son contexte », dans A. Zali, A. Berthier (dir.), Livres de parole, Torah Bible Coran, catalogue d’exposition, Paris, 2005, p. 16-21.

- Si le même auteur et le même ouvrage ou article sont cités dans la note précédente, la référence pourra être abrégée en ibidem (italique), abrégé ibid., suivi de la référence à la page, etc.

  • 39. Bordreuil 2005 (a), p. 101-114 ; Idem 2005 (b), p. 16-21.
    40. Id. 2000, p. 145-158.
    41. Ibidem, p. 151.

- La référence à un passage ou à un élément sera indiquée par l’abréviation p. pour page (redoublé en pp. en anglais, italien et espagnol), n. pour note, n° pour numéro, fig. pour figure, pl. pour planche, tabl. pour table ou tableau, s. pour suivant(es) ; on évitera figs ou pls pour indiquer le pluriel ;
l’allemand utilise respectivement S., Anm., Nr, Abb., Taf., f.


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Références bibliographiques


Quelque soit le système utilisé, les références bibliographiques doivent présenter :

  • système classique : l’(es) initiale(s) du prénom suivi du(es) nom(s) d’auteur(s) ;
  • système anglo-saxon : le(s) nom(s) d’auteur(s) suivi(s), entre parenthèses, de l’(es) initiale(s) du prénom ;
    ne pas oublier d’insérer des espaces insécables après chaque point suivant les initiales des prénoms (cf. supra).
    on admettra qu’au-delà de trois auteurs, seul le premier figurera suivi de l’expression « et alii  », abrégée « et al. » en italique.

- Les titres d’ouvrage et de revue sont en italique — certains titres de revue pourront être abrégés suivant une liste indiquée en page liminaire (capitales sans points) et/ou ajoutée par l’auteur en début d’article ;
pour les colloques, la date et le lieu de la rencontre font partie du titre et s’écrivent en italique entre parenthèses ;
le ou les noms d’auteurs responsables d’ouvrages collectifs seront toujours suivis de la mention « (dir.) » (préférable à celle de « éd. » qui se confond avec l’éditeur commercial) ;
- Les titres d’études et d’articles sont en caractères droits, entre guillemets — chevrons ou guillemets anglais/allemands, selon la langue de l’article qui le cite — suivis d’une virgule et de la mention « dans » en français, « en » en espagnol, « in » dans les autres langues, annonçant le titre de la revue ou de l’ouvrage collectif.
NB — les titres d’article et d’ouvrage suivront les règles typographiques en vigueur dans la langue de l’article et de l’ouvrage cité : seul le premier terme du titre, quel qu’il soit (article, substantif, adverbe…) prendra une majuscule, sauf en anglais qui adopte la majuscule à tous les mots qui ne sont pas de coordination et l’allemand, bien entendu, à tous les substantifs.
- Les titres d’ouvrages seront suivis du lieu d’édition (dans la langue de l’article qui les cite), de l’éditeur commercial et, dans le système classique, de la date d’édition ; les titres de revue du numéro et de la date de parution — le tout ponctué de virgules ;
en cas d’éditions multiples, éviter les chiffres en exposant et préférer « nouv. éd. », « éd. augm. », « 3e éd. rev. et augm. », etc.

Sources anciennes


- Les renvois aux textes mêmes, dans leur version « originale », sont donnés sans édition :

  • Homère, Illiade I, 137
  • Pausanias II, 20, 3-5
  • Gen 3, 21 |

- Les textes cités dans une traduction doivent renvoyer à l’édition en question :

  • Théodore Lecteur, Histoire ecclésiastique, éd. G. C. Hansen, Theodoros Anagnostes Kirchengeschichte (GCS Neue Folge 3), Berlin, 1995
  • Érasme, Les Silènes d’Alcibiade, trad., intr. et notes J.-C. Margolin, Paris, Les Belles Lettres, 1998

VI – Exemples de références bibliographiques


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VII – Symboles de correction