Atelier d’archéologie comparée

Le comparatisme en sciences humaines a été quelque peu délaissé ces dernières années au profit de la pluridiscipline. L’archéologie s’est ainsi nourrie, à l’instar de l’histoire, de la rencontre et des échanges avec des disciplines diverses – d’autres sciences humaines (histoire, philologie, sociologie, anthropologie…) ou des « sciences dures » (qu’elles soient « auxiliaires » de l’archéologie, carpologie, zoologie, physique ou chimie appliquée à l’archéologie, etc., ou que les chercheurs soient véritablement associés dans des approches plutôt « transdisciplinaires »). L’inconvénient résidait dans l’addition inarticulée de disciplines d’âges et de définitions différentes sinon incompatibles.

Comité d’organisation : H. Brun-Kyriakidis (Sorbonne Université – Antiquité Classique et Tardive ; UMR Orient et Méditerranée), P.-Y. Balut (Sorbonne Université - Centre A. Chastel), M. Brunet (Université Lyon 2 - HiSoMA), A. Gournay (Sorbonne Université - CREOPS)

Objectif scientifique

Le comparatisme en sciences humaines a été quelque peu délaissé ces dernières années au profit de la pluridiscipline. L’archéologie s’est ainsi nourrie, à l’instar de l’histoire, de la rencontre et des échanges avec des disciplines diverses – d’autres sciences humaines (histoire, philologie, sociologie, anthropologie…) ou des « sciences dures » (qu’elles soient « auxiliaires » de l’archéologie, carpologie, zoologie, physique ou chimie appliquée à l’archéologie, etc., ou que les chercheurs soient véritablement associés dans des approches plutôt « transdisciplinaires »). L’inconvénient résidait dans l’addition inarticulée de disciplines d’âges et de définitions différentes sinon incompatibles.
La comparaison demeure pourtant un puissant moteur de créativité scientifique, tant pour l’archéologie que pour les sciences de l’homme d’une manière générale. L’approche comparative permet d’éprouver des démarches professionnelles et parfois de les renouveler ; elle suggère aussi des pistes de recherches nouvelles. En décloisonnant les « archéologies », en les sortant de leur cadre géo-chronologique, on favorise, dans nos domaines, un questionnement général sur la « culture matérielle ». Sans s’interdire la « micro-histoire » qui est le lot le plus commun de l’archéologie, elle peut, par la comparaison, aborder des questions sur le temps long et dans une géographie distendue.
Une comparaison ne peut toutefois s’opérer sans une construction théorique préalable qui seule permet de s’entendre sur les termes à comparer, faute de quoi elle n’évite pas l’écueil du formalisme et d’un réductionnisme de l’inconnu au connu, d’une situation historique à une autre. Pour une part en effet ces tendances ont été cause d’un certain désamour des sciences humaines envers le comparatisme, ou de la méfiance justifiée qu’il a suscitée. Car la comparaison peut conduire aussi à la simplification ou au nivellement des divergences. Ce qui est à comparer en effet, c’est l’identité des processus dans la diversité des contenus, des réponses historiques différentes à des problèmes dont les mécanismes sont communs. Il s’agit en cela du raisonnement par modèle d’un comparatisme théoriquement fondé. Nous nous efforcerons, lors de nos ateliers, de constamment veiller à éviter les travers formels et réducteurs en sorte que la comparaison ne perde pas sa force heuristique.

Organisation des ateliers

Ces ateliers associent des chercheurs et des doctorants appartenant à des équipes ou à des laboratoires différents pour les faire travailler ensemble. Pierre-Yves Balut (MCF émérite Paris-Sorbonne – Centre Chastel), Hélène Brun-Kyriakidis (Orient et Méditerranée – équipe ACT), Michèle Brunet (HiSoMA) et Antoine Gournay (CREOPS) en constituent le premier noyau.
Ces ateliers revêtent plusieurs formes : certains ont lieu en « privé » (tous les quinze jours à peu près) et consistent en des séminaires de recherche où nous travaillons, en comité restreint, sur divers sujets, en sorte d’en tester la faisabilité, d’en mesurer l’opportunité ou l’intérêt scientifique ; des ateliers publics, dont la périodicité est plus variable, prennent la forme de « journée d’études » avec un programme défini et des personnalités scientifiques appartenant à divers champs de la recherche archéologique ou anthropologique. Journées d’étude et séminaires font l’objet de publications, sous forme de comptes rendus synthétiques ou de résumés détaillés, selon les cas, sur un carnet de recherche hébergé par Hypothèse.org (https://arc.hypotheses.org/).