L’Arabie préislamique et l’Éthiopie ancienne

Responsable  : Jérémie SCHIETTECATTE
Membres : Guillaume CHARLOUX, Marie-Laure DERAT, Iwona GAJDA, Laïla NEHMÉ, Alessia PRIOLETTA, Christian J. ROBIN, Jérôme ROHMER. Doctorants : Céline MARQUAIRE, Fahfah OFAISSAN

Page créée le 4 octobre 2017

La péninsule Arabique n’a pas seulement été le vaste désert parcouru de nomades qu’y voit l’imaginaire occidental. Des civilisations et royaumes importants et florissants s’y sont développés au cours de l’Antiquité, du début du 1er millénaire avant J.-C. au milieu du 1er millénaire ap. J.-C. Les royaumes de Saba’ et de Himyar au sud, le royaume nabatéen au nord, pour n’en citer que trois, sont les plus connus. Ces royaumes, et d’autres, ont tiré profit du commerce caravanier, fort lucratif, des résines aromatiques (myrrhe et encens) et des épices, mais aussi d’une agriculture irriguée au moyen de systèmes hydrauliques ambitieux. Des villes fortifiées y sont nées, à l’image de Ma’rib, capitale du royaume de Saba’, dont l’oasis était alimentée en eau par le plus grand barrage du monde antique.

La péninsule Arabique, du Yémen à l’Arabie du Nord-Ouest, est riche de très nombreux sites archéologiques dont les caractéristiques et la chronologie commencent à être mieux connues. Elle est également très bien pourvue en inscriptions écrites dans une grande variété de langues et d’écritures (sudarabique, nordarabique, araméen, grec, etc.). Ces inscriptions, depuis les simples signatures laissées le long des voies de circulation par les gens de passage aux dédicaces cultuelles et aux textes commémoratifs et juridiques, sont une source d’information de premier ordre sur les événements qui ont rythmé la vie de la péninsule dans l’Antiquité. Elles aident également à comprendre le milieu intellectuel, linguistique, religieux, économique et politique dans lequel a émergé l’islam au VIIe siècle de l’ère chrétienne.

L’Arabie est par ailleurs étroitement liée à l’Éthiopie et le syllabaire guèze est par exemple l’héritier de l’alphabet sudarabique. La présence sabéenne durable en Éthiopie (VIIIe-Ve siècles av. J.-C.) a fortement influencé la civilisation pré-axoumite. Au IVe siècle, les deux régions se sont converties simultanément au monothéisme, chrétien à Axoum, juif à Himyar. Il en a résulté un conflit qui a abouti à l’annexion de Himyar par Axoum et l’occupation, au VIe siècle, du sud-ouest de la péninsule Arabique par des souverains éthiopiens. Le développement de l’agriculture sur les hauts-plateaux éthiopiens, les échanges commerciaux et culturels avec la péninsule Arabique, l’existence de formations politiques antérieures à Axoum sont au cœur des travaux qui s’intéressent aux conditions du développement de l’État puis de l’empire axoumite. Christianisée au IVe siècle, puis pénétrée par l’islam à la fin du premier millénaire, l’Éthiopie a connu des mutations majeures au cours de cette période, passant d’une culture urbaine raccordée aux courants commerciaux de la Méditerranée orientale à une culture beaucoup plus rurale dans laquelle l’architecture de prestige ne concerne plus que les églises.

Depuis quelques années, les recherches archéologiques et épigraphiques dans la péninsule Arabique ont connu un développement exponentiel, principalement en Arabie Saoudite. Le terrain yéménite, en revanche, en raison de la guerre qui y fait rage, est désormais inaccessible mais les recherches sur l’histoire de l’Arabie du Sud antique se poursuivent à partir de la documentation collectée. Tout aussi importantes sont les recherches menées en Éthiopie.

Bibliographie généraliste sur l’Arabie Arabie préislamique et l’Éthiopie ancienne ;
Sélection des travaux récents des membres de l’équipe Mondes sémitiques
Corpus numériques
Presse et media.


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