Le Proche-Orient de l’âge du bronze à l’époque romaine

Page créée le 9 décembre 2017

Responsables : Maria Grazia MASETTI-ROUAULT et Carole ROCHE-HAWLEY
Membres : Stéphanie ANTHONIOZ, Catherine APICELLA, Françoise BRIQUEL-CHATONNET, François BRON, Emmanuelle CAPET, Jérôme HAQUET, Robert HAWLEY, Hélène LE MEAUX, Alice MOUTON, Hedwige ROUILLARD-BONRAISIN.
Doctorants : Ali ALALI, Héloïse AUMAÎTRE, Waed AWESAT, Stevens BERNARDIN, Teodora COSTACHE, Federico DEFENDENTI, Erika GORI, Jean-Jacques HERR, Vanessa JULOUX, Marie-Françoise MOL, Laura PUÉRTOLAS RUBIO, Silvia ROMAN, Gaëlle THEVENIN


Depuis la naissance des villes et de l’écriture au IVe millénaire, le Proche-Orient ancien, dans son sens le plus large – de l’Iran à la côte méditerranéenne et de l’Anatolie au Levant sud – a vu se succéder des cultures diverses qui se sont côtoyées, influencées et interpénétrées. Du IIIe au Ier millénaire toutes ces régions appartiennent à un large monde cunéiforme où les chancelleries ont adopté la langue babylonienne et l’écriture suméro-akkadienne venues du sud de la Mésopotamie. Mais au Ier millénaire, le Proche-Orient prend un nouveau tournant : les royaumes araméens, phéniciens et cananéens développent leurs propres systèmes, créant leurs propres répertoires et corpus, alors même que la plupart d’entre eux sont sous domination étrangère : assyrienne, perse ou hellénistique.

  • Le « monde cunéiforme » : le Proche-Orient au Bronze récent (XVIe-XIIe s. av. J.-C.)

Dans la seconde moitié du IIe millénaire, l’ensemble du Proche-Orient est marqué par la culture intellectuelle babylonienne. Ce « monde cunéiforme » (l’ensemble des régions ayant adopté l’écriture ou la langue babyloniennes) fait l’objet d’une partie des recherches de l’équipe : la Mésopotamie (Babylonie et Assyrie), l’Anatolie hittite (qui mettra par écrit sa propre langue), la Syrie (où l’on assistera à la naissance d’un alphabet cunéiforme) et l’Elam (qui commence à mettre par écrit de plus en plus de texte en langue locale).
L’Anatolie centrale a été le berceau du « pays de Hatti », l’un des plus puissants royaumes du Proche-Orient qui prospéra de la seconde moitié du XVIIe au début du XIIe siècle av. J.-C.
Outre les trouvailles archéologiques, les quelque 30 000 fragments de tablettes cunéiformes mis au jour dans la capitale Hattuša nous donnent de précieuses informations sur l’histoire de ce royaume. Dans le corpus hittite les textes religieux sont les plus nombreux . On y trouve des prescriptions rituelles, des récits mythologiques, des prières, mais aussi des descriptions de fêtes cultuelles, des comptes rendus de vœux et d’interrogations oraculaires. Ce sont des documents relevant de l’administration et à destination des administrateurs, des scribes et des spécialistes des cérémonies religieuses.Acte de vente d'un serviteur au préfet d'Ougarit par deux Hittites (RS 17.251, Musée de Damas) {JPEG}
La Syrie de l’âge du Bronze est un des domaines réunissant le plus de grand nombre de chercheurs. Les corpus de textes étudiés sont essentiellement ceux d’Ougarit (en akkadien et ougaritique) et ceux d’Emar (en akkadien). Les corpus sont divers : textes religieux (rituels, inventaires de personnels et de temples), textes mythologiques, correspondance locale et internationale, textes juridiques et traités internationaux.
Les fouilles de Tell Kazel entrent également dans cet ensemble de recherches : il s’agit essentiellement des fouilles des niveaux Bronze récent de l’ancienne Ṣumur, capitale du royaume d’Amurru qui, tout comme Ougarit et Emar fait partie de l’empire hittite.
Enfin, l’Elam (en Iran du sud-ouest ) du IIe millénaire constitue un terrain de recherche fertile avec une étude systématique d’un corpus de textes inédits mis au jour à Suse, essentiellement économiques et juridiques, mais aussi scolaires et épistolaires.

  • L’empire assyrien du XIVe au VIe s. av. J.-C.

La structure économique, administrative et militaire qui, du XIVe siècle au VIIe siècle av. J.-C., manifeste ses fortes capacités de contrôle dans le monde syro-mésopotamien, appelée par les historiens l’« empire assyrien », est étudiée comme une dynamique politique spécifique mise en place par une élite urbaine.
La culture scribale qui dépend, dans une certaine mesure, de la Babylonie mais dont les caractéristiques locales s’affirment de plus en plus à partir de la fin du XIVe s., fait également l’objet d’études.

  • Le monde phénicien (Ier millénaire av. J.-C.)

Trophée de Kition, détail (Musée de Larnaca) {JPEG}
On appelle Phéniciens les habitants de la côte du Levant au Ier millénaire avant J.-C. qui parlaient et écrivaient une langue sémitique de l’Ouest. Organisés en petits royaumes autour d’une ville (par ex. Arwad, Byblos, Sidon, Tyr…), ils n’ont jamais fondé d’État important mais connu une grande renommée par la richesse de leur artisanat et surtout en raison de leur rôle dans le commerce à longue distance, au Proche-Orient et en Méditerranée, où ils ont fondé des comptoirs commerciaux.
L’un d’eux, Carthage, « la ville neuve », sur la côte africaine, est devenu la métropole d’un véritable empire en Méditerranée occidentale. C’est la culture de cette métropole que l’on appelle « punique », du nom latin des Phéniciens.
La culture phénicienne a disparu au tournant de notre ère en Orient, trois ou quatre siècles plus tard en Occident.

Les recherches développées dans ces domaines au sein de l’équipe Mondes sémitiques s’appuient sur différentes techniques : épigraphie, paléographie, philologie ou archéologie.
Une partie de l’activité de ces chercheurs est constituée par l’édition ou la réédition de textes inédits. Les corpus représentés sont les textes akkadiens (de Mésopotamie, d’Iran et de Syrie), les textes hittites, les textes ougaritiques, et les textes phéniciens ou araméens.


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